Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

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Le monde du livre réagit à la nomination de Françoise Nyssen au ministère de la Culture

Bouder Robin - 18.05.2017

Edition - Société - Françoise Nyssen culture - Françoise Nyssen ministère - Nyssen ministre culture


Après Aurélie Filippetti, auteure, pour ouvrir le mandat du président François Hollande, le livre revient au cœur du ministère de la Culture avec Françoise Nyssen, ministre de la Culture du gouvernement d'Édouard Philippe, Premier ministre d'Emmanuel Macron. Le monde du livre se réjouit évidemment largement de cette nomination.

 

Ministère de la Culture et de la Communication
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 
 
Le monde du livre ne cache pas sa joie, au lendemain de la nomination de Françoise Nyssen comme ministre de la Culture du gouvernement d'Édouard Philippe, le Premier ministre d'Emmanuel Macron. Le Syndicat de la librairie française « salue très chaleureusement » la nomination de la dirigeante d'Actes Sud :
 
À la tête de l’une des plus prestigieuses maisons d’édition françaises et de plusieurs librairies, Françoise Nyssen a toujours eu à cœur de promouvoir une littérature exigeante, ouverte sur les enjeux du monde actuel et sur les autres cultures. Elle a constamment été, aux côtés des libraires indépendants, une partenaire, une complice, avec le souci partagé de porter la création, la pensée et le débat auprès du plus grand nombre.

En tant que ministre de la Culture, Françoise Nyssen portera haut les valeurs irréductibles propres à la culture, à savoir une certaine conception de la liberté, de la diversité, de l’épanouissement individuel et de la solidarité. Les libraires savent que, fidèlement à cet esprit, ils pourront compter sur elle pour renforcer la politique publique en faveur du développement des librairies et de la diffusion de l’édition de création.

Du côté des auteurs, à la SGDL, on « se réjouit » de la nomination, mais on pense aussi à Audrey Azoulay, qui a passé les pouvoirs à Françoise Nyssen ce mercredi 17 mai au soir.
 

Elle salue la personnalité de cette grande éditrice, passionnée, engagée et proche de ses auteurs depuis de nombreuses années.

Nul doute qu’elle saura porter avec efficacité les dossiers qui nous préoccupent, au premier rang desquels figurent la défense du droit d’auteur, un partage plus équitable de la valeur dans l’édition et une mise en adéquation d’un secteur avec les exigences de rigueur et de transparence du XXIe siècle, mais également la réforme complexe du statut social des auteurs, qu’il s’agisse des revenus annexes ou de la retraite.

La SGDL remercie Audrey Azoulay et son équipe pour le travail accompli avec exigence et compétence.

 

La Scam, Société civile des auteurs multimédia, adresse ses félicitations, mais dresse aussi une liste des points prioritaires que la ministre devra aborder au cours de son mandat :
 

‐ réaffirmer sans tarder les positions de la France en faveur du droit d’auteur et de la création auprès des institutions européennes dans le cadre du débat fondamental en cours sur le « paquet législatif » de l’Union européenne,
‐ réformer enfin le financement de l’audiovisuel public qui, dans sa structure actuelle, fragilise les missions citoyennes de la télévision et de la radio publiques,
‐ finaliser la création de la Cinémathèque du documentaire,
‐ poursuivre l’amélioration des relations auteurs/éditeurs,
‐ protéger la profession des photographes, victime d’une profonde paupérisation,
‐ mettre en place un fonds de soutien à la création sonore,
‐ engager une politique européenne relative au partage de la valeur sur les réseaux numériques et obtenir une rémunération proportionnelle pour tous les auteurs audiovisuels européens.


La SACD, toujours côté auteurs, se montre très enthousiaste :
 

La SACD souhaite remercier Audrey Azoulay qui a su, durant les 15 mois passés, prendre des mesures positives en faveur de la création, obtenir un budget renforcé pour la culture et mener à son terme le projet de loi sur la création qui contient de réelles avancées pour les auteurs.
 

La SACD adresse à la nouvelle ministre, dont on connaît l'engagement en matière de diversité culturelle, tous ses vœux de succès et de réussite, dans les missions et objectifs qui lui ont été données et dans un contexte qui appelle un profond renouvellement de la politique en faveur de la culture, de l’audiovisuel et du cinéma.

 

Tandis que le SELF, Syndicat des Écrivains de Langue Française, est plus mesuré...
 

Une éditrice à la Culture. Le SELF ne va pas se féliciter de cette nomination tant que la dame ne nous aura pas donné des raisons d’espérer, n’aura pas au moins affiché une vraie volonté de remédier au statut de plus en plus défaillant des artistes-auteurs, n'aura pas commencé à se pencher sur les graves dysfonctionnements de l'Agessa et de la MDAss (sans parler du RAAP) qui résultent de la politique désastreuse menée lors du quinquennat écoulé. Bref, il est urgent d'attendre...

 

Le SDLC, Syndicat des distributeurs de loisirs culturels, « accueille très favorablement » la nomination de Françoise Nyssen.
 

Françoise Nyssen, à la tête d’une des plus prestigieuses maisons d’édition française, a su prouver qu’une politique de qualité éditoriale était la meilleure option pour rencontrer à la fois un succès populaire et une réussite économique. Nous nous réjouissons qu’une cheffe d’entreprise, résolument ancrée dans la réalité et au cœur des enjeux qui vont définir le futur de la filière du livre, soit à la manœuvre pour les prochaines années.

Fermement ancré dans la filière du livre, aux côtés des libraires, des éditeurs et des bibliothécaires, résolument orienté vers l’Europe, le SDLC saura contribuer à la résolution de ces problématiques : préservation du Copyright, interopérabilité des systèmes de lecture numérique, prêt et abonnement numérique, géo-blocage, accès au livre et à la lecture, entre autres.



L’AILF félicite également Françoise Nyssen pour sa nomination au ministère de la Culture : 
 

Elle continuera à sensibiliser les pouvoirs publics français à la réalité des librairies francophones dans le monde. Parmi les attributions de la nouvelle ministre de la Culture, celle-ci doit veiller "à la diffusion, à l'emploi et à l'enrichissement de la langue française, ainsi qu'à la préservation et la valorisation des langues de France" (article 2 du décret du 24 mai 2017 relatif aux attributions du ministre de la Culture publié jeudi 25 mai au Journal officiel). Une opportunité pour l’ensemble du réseau de professionnels du livre francophone.


Quant au SNE ou la Charte des Auteurs, ils se sont exprimés sur les réseaux sociaux, envoyant tous leurs encouragements à Françoise Nyssen :


Le SNE et son président, Vincent Montagne :
 

 



Le journaliste et chroniqueur Philippe Meyer :

 


Ou Bernard Pivot :
 

La Charte des Auteurs :
 

L'accueil est très chaleureux, mais ne doit pas non plus faire oublier les dossiers brûlants que le précédent ministère a parfois laissé de côté, comme celui de la précarité grandissante de certains métiers dans l'édition :
 


Et certains de jouer les troubles-fêtes...
 

La Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe - SAIF -, salue également l’arrivée de Madame Françoise Nyssen rue de Valois. « L’énergie et la conviction avec lesquelles Madame Françoise Nyssen a su promouvoir et défendre le monde de la littérature, mais aussi celui des arts visuels, dans son activité d’éditrice sont pour nous un motif d’encouragement pour le quinquennat qui s’ouvre. »

Les auteurs des arts visuels sont aujourd’hui en proie à des vives inquiétudes, ils demandent un vrai changement et ils attendent beaucoup du nouveau gouvernement pour la mise en œuvre des engagements du Président de la République :

 

Ils sont convaincus que Madame la Ministre entend la nécessité de défendre les auteurs, à l’occasion de la réforme du droit d’auteur en cours à Bruxelles ;  et tout particulièrement d’assurer un véritable partage de la valeur sur Internet : aujourd’hui les auteurs voient leurs œuvres exploitées de manière massive par les géants du numérique (moteurs de recherches et plateformes), qui s’approprient en toute impunité la valeur de leurs créations sans les rémunérer. Le nouveau dispositif relatif aux moteurs de référencement d’images, adopté en juillet 2016 en France, mérite d’être défendu et étendu au niveau européen.
 

Ils seront vigilants à ce que soit prise en compte la nécessité pour les créateurs de vivre dignement de leur travail artistique : ainsi pour la photographie, le décret promulgué le 9 mai dernier dans les derniers instants du précédent gouvernement, qui fixe la rémunération minimale d'un photographe pigiste à 60 euros la commande, représente un réel danger pour l’avenir du métier de photojournaliste et accentue sa précarité. Il nécessite d’être rapidement modifié.
 

Nous souhaitons pouvoir rencontrer Madame Françoise Nyssen prochainement, pour engager avec elle une collaboration que nous espérons positive et prolifique pour les auteurs des arts visuels.