Le monde Steampunk de Graffet et Mauméjean

Florent D. - 12.10.2013

Edition - Les maisons - steampunk - vapeur - acier


À signaler, pour les amateurs un peu exigeants - les autres seront d'autant plus contentés - la publication récente aux éditions Le pré aux clercs d'un album signé Didier Graffet, illustrateur tenace, qui depuis une vingtaine d'années oeuvre pour des couvertures de tous genre, et Xavier Mauméjean, auteur et directeur de la collection Royaumes perdus chez Mango. Bref, du bien beau linge.

 

 

 

 

Le steampunk, c'est cet univers dystopique à la croisée des mondes de Jules Verne, de Leonard de Vinci et de la révolution industrielle - avec une touche de vapeur, d'énergies parfois mystérieuses et de mutations profondes de la société. Le tout s'articule autour de couleurs sombres sans verser dans une noirceur triste. Le Steampunk, c'est un art de vie, où la technologie relativement maîtrisée a permis de modeler un monde qui serait la fin du XIXe siècle. Et tout deviendrait possible alors.

 

Pour une fois, l'éditeur parle bien du genre : 

Au XIXe siècle, l'humanité met sa technique et son imagination au service de l'exploration et des voyages.

De cette réalité est née une fiction quelque peu schizophrène dans l'âme, que les initiés qualifient de rétro-futuriste, où les héros, de véritables « bêtes humaines » de vapeur et d'acier, des monstres amphibiens, des colosses indestructibles, des montagnes de voiles, de rouages et de boulons, des nefs suspendues, des titans océaniques, roulent, voguent, volent dans des décors d'autant plus hallucinants que l'homme les a sans cesse explorés sans jamais parvenir à les cerner totalement et que le mouvement steampunk – littéralement « punk à vapeur » – réinvente et sublime en leur attribuant une quatrième dimension.

Paris, Londres, Chicago, Pékin, Berlin, Rome, New-York comme on ne les a jamais vus. L'océan, la terre, les airs et les déserts comme dans nos rêves les plus puissants et les plus fous…

 

Philippe Druillet, l'homme que l'on ne présente plus, a signé une petite préface, plus pour accompagner le lancement du livre et saluer les auteurs, et plus encore les recettes déployées par Didier Graffet, pour comprendre les liens de l'homme à ses machines, 

 

« Celle qui roule sur des rails d'aciers, puissante.

Celle qui rêve au plus profond de l'océan, la matrice.

Celle qui vole au coeur des nuages, dans la liberté. »

 

Simple et efficace. 

 

Chaque dessin de Griffet est ici illustré d'un texte de Mauméjean, et toutes les audaces sont permises, toutes les sphères de l'activité humaines passées en revue - et les pires scénarios ne sont jamais loin. Il suffit parfois d'un gros, très gros poisson pour mettre fin à une belle plongée...

 

Machines, armes, véhicules, armures, cités mobiles volantes toutes de métal glacé et d'hommes invisibles, le livre réunit un vaste aperçu des imaginaires des deux hommes. Splendide. 

 

Steampunk, de vapeur et d'acier, Le pré aux clercs, 120 pages, 29 €

A retrouver sur Chapitre.com