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Le mystère de la tombe de Federico García Lorca résolu ?

Clément Solym - 27.06.2011

Edition - Société - lorca - espagne - guerre


Le décès du grand poète espagnol Frederico Garcia Lorca fait toujours l'objet d'un mystère insoluble. Mais un historien de Grenade prétend avoir mis le doigt sur la véritable tombe de l'auteur, après trois années de recherches.

Miguel Caballero Pérez aura écrémé tout ce que la police compte d'archives et de documents, pour tenter de reconstituer les 13 dernières heures de la vie eu poète, qui été abattu par un peloton d'exécution, durant la guerre civile en Espagne.

Une mort simple à comprendre, donc, mais au terme de laquelle le corps du poète est devenu un véritable enjeu dans l'histoire littéraire, croisant également l'Histoire du pays.

Une tombe pour deux

Et au terme de ses trois années d'investigation, l'historien estime avoir remis la main sur les policiers et les bénévoles qui ont formé le peloton, ainsi que les trois prisonniers qui ont enterré le corps.

En fouillant dans les archives officielles, plutôt qu'en recueillant des témoignages - pas toujours évidents à obtenir - l'historien a préféré le concret aux souvenirs, toujours plus confus.

Et il vient de publier un ouvrage en espagnol, avec ses conclusions, As últimas 13 horas de García Lorca.

Ainsi, un nouveau lieu, qui servirait alors de sépulture au défunt a été mis à jour, entre les villages de Viznar et d'Alfacar. Une zone qui est située à moins d'un demi-kilomètre de l'endroit que l'historien Ian Gibson avait, en 1971, déclaré être la tombe du poète, mais qui fut fortement remis en cause en 2009. Et pour cause : on n'y trouvait aucun ossement.

L'endroit nouveau ferait de même plus sens, en ce qu'il est loin des deux villages, assez isolé, mais accessible en voiture. En grattant quelque 50 cm de terre, on pourrait alors très vite découvrir si les prédictions de Caballero sont justes.

Un peloton d'exécution qu'il qualifierait de bourreaux, plutôt que de meurtriers, explique-t-il dans le livre, attendu que « certains étaient des volontaires, d'autres étaient des policiers de carrière qui auraient pu être tués s'ils avaient refusé ». Parmi les membres qui le composaient, un membre du clan Roldan, une famille politique de droite, rivale du père de Lorca, qui aurait convaincu les opposants d'arrêter et tuer le poète.