Le New Yorker parie gagnant sur les mots

Clément Solym - 02.08.2011

Edition - Société - newyorker - ipad - succes


Lorsqu'un éditeur veut faire passer un livre sur iPad, la question du format est un immanquable casse-tête. Créer une application dédiée ? Un simple PDF ou un fichier ePub ?

La problématique est la même pour les magazines qui projettent sur leurs lecteurs un désir de vouloir plus que de simples mots qui viennent s'afficher sur leur écran. L'application doit éblouir, en mettre plein la vue. Mais pas toujours.

Parfois, le consommateur veut juste lire. Et le New Yorker vient d'en faire la démonstration éclatante. Depuis sa mise en vente sur iPad au début de l'été, le magazine revendique 100 000 lecteurs sur tablette dont 20 000 abonnés à 59,99$ l'année.

Et ce n'est pas tout, puisque 75 000 personnes qui ont choisi de profiter de l'offre spéciale pour les abonnés au papier, qui peuvent accéder gratuitement au contenu de l'application.


Cela reste peu comparé au million d'abonnés que compte la version papier du journal. Mais ces chiffres sont les plus important pour les éditions vendues sur iPad par Condé Nast, qui distribue aussi Wired, GQ, Vanity Fair, Glamour et bien d'autres sur la tablette d'Apple.

La spécificité et la force du New Yorker semblent résider dans la simplicité volontaire mise dans la présentation du texte. Pas d'animations interactives, juste une présentation des articles claire et épurée. Seules quelques lectures de poèmes par leur auteur et des liens vers de la documentation lorsque l'article évoque un cas complexe, viennent parfois enrichir l'appication.

Un modèle à la fois prometteur pour les publicitaires et pour tous ceux qui cherchent encore à monétiser la numérisation des formats.
Reste à savoir s'il s'agit ou non d'un effet de mode et si le New Yorker ne bénéficie pas d'un effet d'aubaine de par son lectorat cible, dont le revenu moyen dépasse les 100 000$ dollars annuels... tout comme l'utilisateur moyen de l'iPad.

(Via The New York Times)