Le Nobel de littérature 2011 pour le nationaliste serbe Dobrica Cosic

Clément Solym - 06.10.2011

Edition - Société - serbie - cosic - nationaliste


La remise du prix Nobel de littérature au Suédois Thomas Tranströmer pourra poser quelques problèmes, attendu que l'Académie, elle-même suédoise sera facilement accusée de patriotisme déplacé. Mais c'est une autre histoire .

Ce qui va amuser la galerie, c'est la bourde réalisée par la chaîne de télévision officielle de Serbie, RTS, qui a annoncé à l'ensemble de ses spectateurs que le prix Nobel avait été accordé... au romancier Dobrica Cosic, actif et très impliqué dans le nationalisme serbe.

Canular ? Pas seulement

La chaîne est en effet tombée dans un gros panneau, tendu par un groupe de protestation, justement lancé contre les propos nationalistes de Dobrica Cosic. Depuis le site Nobel Prize Literature, qui n'a évidemment aucun lien avec le site officiel de l'Académie, l'information a jailli, rediffusée à son tour par une agence, qui la reprend et la balance à RTS. Le mal est déjà fait, et voilà RTS contraint de s'excuser publiquement, sans pour autant dévoiler le nom de l'agence fautive.

Mais on est très loin du simple canular. L'intention des personnes qui ont monté ce site est d'attirer « l'attention sur la dangereuse influence sur le public de l'écrivain Dobrica Cosic ». Ancien du parti communiste et des services de renseignements, Cosic est plus qu'une figure du nationalisme : à plusieurs reprises, il a prôné des alliances délicates pour le pays, et avec son influence s'exerce dans des sphères pseudodémocratiques du pays.



« Nous avons enregistré le domaine de ce faux site, évidemment, le 5 octobre 2011, comme un symbolique souvenir de cette journée, voilà onze ans, quand la Serbie a raté une occasion historique de créer un monde différent et meilleur », signalent les fondateurs, heureux d'avoir pu rire aux dépens de l'écrivain.

Ils déplorent que le pays, après toutes ces années, n'ait pas su prendre son envol, et que des personnages comme Cosic gravitent toujours dans le décor tant littéraire que politique. Ses ouvrages sont presque disponibles aux éditions l'Age d'homme.

Le 5 octobre 2000 est une allusion à la Révolution des bulldozers, qui a permis la chute du gouvernement et le départ de Slobodan Milošević. (voir Wikipedia)