Le Nobel de physique largement raté pour Roald Dahl

Clément Solym - 04.01.2013

Edition - Société - Université de Leicester - Roald Dahl - Pêche


L'auteur de livres pour enfants très connus tels Charlie ou la chocolaterie et Les Deux Gredins, Roald Dahl n'a pas dû suivre beaucoup de cours de physique dans sa jeunesse. En effet, dans James et la grosse pêche, il a commis une sacrée erreur de calcul. Si son personnage avait existé sa pêche volante aurait lamentablement sombré, la faute à trop peu de mouettes.

 

  Un extrait des fameux calculs

 

 

 

Blague à part, il est évident que son propos n'était pas d'écrire un traité d'objets volants à l'usage des enfants. Mais cela n'a pas empêché un groupe de scientifiques britanniques de faire quelques calculs pour savoir combien de volatiles il aurait vraiment fallu pour faire voler correctement la pêche géante.

 

Pour celles et ceux qui auraient oublié, voici un rappel sur l'histoire de James 

Le petit James mène une existence bien malheureusse auprès de ses deux tantes abominablement méchantes, tante Éponge et tante Piquette, qui le tourmentent sans cesse. Un jour, un vieil homme confie à James un sac rempli de bizarres petites choses vertes. James les fait tomber par mégarde au pied du vieux pêcher et voilà qu'une pêche géante se met à pousser ! Cette pêche va bouleverser la vie de James...

 

Or, un groupe d'étudiants en physique de l'université de Leicester na décidé de se pencher sur les fameuses 501 mouettes évoquées par l'auteur, considérant qu'elles n'étaient pas assez nombreusespour ce faire. Ils ont donc mis tout leur talent au service de la curiosité des jeunes lecteurs sceptiques.

 

Verdict : il aurait fallu non pas 501 mouettes pour rendre l'aventure possible, mais 2,5 millions ! Et n'allez pas croire que tout cela est fumeux, au contraire, c'est même tout à fait sérieux. 2,425,907 pour être exact.

 

 

 

 

Comment arrive-t-on à un tel résultat ? Il faut d'abord calculer le poids de la pêche, puis ensuite la multiplier par sa densité et son volume pour trouver la force nécessaire pour la soulever. Ensuite, considérez la force d'une mouette (deux newtons) et voilà vous avez le résultat.

 

La conclusion de leur étude est tout aussi scientifique qu'édifiante :

Bien que James ait navigué avec succès sur sa pêche, de la manière dont Roald Dahl l'a décrit, pour une pêche aux dimensions telles que présentées, il ne serait pas possible de faire voler un objet si lourd avec l'aide d'un si petit nombre d'oiseaux. Il aurait fallu exploiter 2.425.907 mouettes pour arriver à voler jusqu'en Amérique. 

On ne peut savoir si le ver à soie et Madame Araignée auraient pu le faire. On pourrait étendre le domaine des recherche sur ce point, notamment en incluant la question de la friction de la pêche et son effet sur le mouvement horizontal du vol. Le chargement de fils de soie utilisés pour suspendre la pêche pourrait aussi être étudié

 

On se demande tout de même si ces étudiants n'ont pas des choses plus importantes à faire. Peut-être. En tout cas, pour ces jeunes gens, c'était un exercice comme un autre. C'est ce qu'explique Emily Jane Watkinson. « Nos cours nous encouragent à apprendre et à appliquer de vrais principes physiques à des sujets nouveaux et originaux, et nous connaissions tous cette histoire. »

 

Si jamais ils ont davantage de temps à consacrer à ce genre d'exercices, il y a quantité de livres où puiser des idées. La fusée de Tintin pourrait leur donner plus de fils à retordre, de même que le sous-marin du capitaine Nemo. Et pour les plus forts, ils peuvent aller regarder du côté de la science-fiction et de Philip K. Dick ou Isaac Asimov.