Le nouveau Murakami en librairie au Japon

Louis Mallié - 18.04.2014

Edition - International - Murakami - Tokyo - Hemingway


Murakami est de nouveau en librairie ! Son nouvel ouvrage, un recueil réunissant six nouvelles intitulées « Onna no inai otokotachi » (les hommes qui n'ont pas de femmes) bénéficie déjà d'un tirage de 300 000 exemplaires - une ambition qui semble récompensée aux vues des queues en librairies selon une dépêche de l'AFP…

 

 

 

« C'est tellement rare que les gens fassent la queue aujourd'hui pour un livre, j'étais impatiente de voir cela », a commenté une acheteuse, réjouie d'être parmi les premières à se procurer l'ouvrage. Dès le matin, les librairies japonaises ont été prises d'assaut. « Beaucoup de clients sont venus dès ce matin, avant d'aller au bureau ou en prenant une pause », explique un responsable de Book 1st, une libraire du quartier commerçant de Ginza à Tokyo. « Je vais moi aussi bien sûr l'acheter dès aujourd'hui », ajoute un de ses collègues. Nul doute que s'il était au Japon, le premier ministre italien Matteo Renzi en dirait de même.  

 

« Aujourd'hui est sorti le nouvel ouvrage de Haruki Murakami, son premier recueil de nouvelles en neuf ans »,  rappellent au micro les vendeurs. En vérité, cinq des six nouvelles ont déjà été publiées en feuilleton dans des revues, aussi seule une est véritablement inédite. Quoi qu'il en soit, certaines librairies avaient réservé leur exemplaire depuis mi-mars, et pour l'évènement, certains magasins ont même ouvert à minuit.  Et naturellement, le titre se hisse déjà en tête des ventes…

 

Le recueil, dont le titre pourrait aisément rappeler le recueil de nouvelles d'Hemingway paru en 1927, Men without women, (Hommes sans femmes), se veut pourtant bien différent. « En entendant le titre de mon livre, beaucoup vont penser au magnifique “Hommes sans femmes“ ». Mais l'écrivain explique qu'à la différence de l'auteur américain, ses nouvelles ne traiteront pas d'hommes coupés des femmes, mais d'hommes quittés, ou sur le point de l'être. 

 

« À partir du moment où j'ai écrit la nouvelle intitulée “Drive my car“ je ne sais pas pourquoi j'avais ces mots en tête… “Les hommes qui n'ont pas de femme“… Cette phrase ne me sortait pas de l'esprit, comme une musique dont n'arrive pas à se défaire. »  Drive my car est devenue la nouvelle qui ouvre le recueil par cette phrase « jusque-là je suis monté je ne sais combien de fois une voiture conduite par une femme ». Nul doute que les lecteurs européens ne tarderont pas à se jeter sur les 300 pages qui suivent - d'autant plus qu'il s'agit des 300 pages d'un auteur pressenti depuis plusieurs années pour le prix Nobel....