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Le Pakistan aurait-il protégé Ben Laden ?

Clément Solym - 04.05.2011

Edition - Société - oussama - laden - rushdie


Il vivait au Pakistan ! La mort d'Oussama Ben Laden serait le fruit d'«une décennie de coopération et de partenariat entre les États-Unis et le Pakistan », selon le président pakistanais Asif Ali Zardari. Le premier ministre, Yousuf Raza Gilani, affirme que la mort Ben Laden est une « grande victoire » contre le « terrorisme ».

Pourquoi a-t-il fallu neuf ans pour le retrouver ? Pourquoi les Américains ont-ils agi seuls ?

Les Américains le croyaient dans les montagnes afghanes, et Kathryn Bigelow réalisait précisément un film sur le sujet, intitulé  Kill Ben Laden ! Or, le chef d'al-Quaida vivait dans une villa à Abbottabad, près d'Islamabad.

Il menait un train de vie luxueux, entouré de sa famille et de sa suite. Des activistes islamistes, en particulier ceux qui combattent au Cachemire sous contrôle indien, disposaient de camps d'entraînement à proximité de la ville. Le gouvernement pouvait-il l'ignorer ?

Selon l'ancien chef des services secrets pakistanais, Hamid Gul, la police, les militaires et les services secrets étaient pourtant « présents à Abbottabad ». Cette ville de garnison loge l'Académie militaire !
« La position du Pakistan manque à nos yeux de clarté », a déclaré Alain Juppé, qui a invité ce soir Yousuf Raza Gilani. « J'ai un peu de mal à imaginer que la présence d'une personne comme Ben Laden dans une ville relativement petite ait pu passer complètement inaperçue. » (via Telegramme)

Le journaliste et écrivain Ahmed Rashid avait déjà consacré un chapitre du Retour des Talibans (Delavilla, 2009) à la duplicité des services secrets et de l'armée du Pakistan : officiellement à la poursuite des terroristes, le gouvernement aurait selon lui aidé les talibans.

Pour Salman Rushdie, il est plus que temps de déclarer que ce pays est un État terroriste. « Sommes-nous réellement censés croire que le Pakistan ne savait pas qu'Oussama Ben Laden vivait là depuis cinq ans ? » Toute cette situation est trop peu évidente pour que l'on ne prenne pas en compte les données essentielles, assure l'écrivain. Et surtout, il ne faut absolument pas sous-estimer les complots qui se trament dans des pays où les extrémismes sont vivaces. (via Daily Beast)