Le paléo-futur : quand la science-fiction, en littérature, prédit l’avenir

La rédaction - 11.02.2016

Edition - Société - science fiction - futur technologies - humanité littérature


Les écrivains sont en général dotés d’une imagination débordante et ceux de science-fiction encore plus ! À tel point que, parfois, ils peuvent presque prédire l’avenir… De Jules Verne à George Lucas, les humains ont toujours essayé d’imaginer à quoi pourrait bien ressembler le futur. Certains y sont parvenus, d’autres pas encore…

 

Future Boy Vision Cartoon Face Sketch

Surian Soosay, CC BY 2.0

 

 

Les auteurs ont été particulièrement aptes à prédire les évolutions à venir dans le domaine de la communication et des transports. Dans l’imaginaire collectif, l’entrée dans le troisième millénaire a marqué l’avènement de la communication rapide, transportable et visuelle. Dans The Worlds of Tomorrow, un magazine dans lequel a publié Manly Wade Wellman (milieu du XXe siècle), un des personnages a dans sa poche un objet ovale qui vibre, désigné comme un « appeleur de poche » : autrement dit un bipeur. Dans le futur, il n’est plus nécessaire de communiquer oralement.

 

Dans Et l’homme créa un dieu de Frank Herbert (1979), les humains sont implantés avec un transmetteur qui capte les vibrations des cordes vocales et les envoie à celui du correspondant sans qu’aucun des deux n’ait à ouvrir la bouche. Dans la Machine S’arrête en 1909, E.M. Forster décrit un objet plat et rond qui tient dans les mains et avec lequel on peut parler à une autre personne tout en la voyant : Skype est imaginé près de 100 avant sa création !

 

De façon assez ironique, la communication humaine de nos jours se recentre de plus en plus sur l’écrit, avec les SMS, les mails, les réseaux sociaux… un peu comme si on s’envoyait des lettres façon XVIIIe siècle, mais en version réception immédiate.

 

Qui n’a jamais rêvé d’avoir une voiture volante comme dans Star Wars ? 

 

Malheureusement il faudra encore patienter un peu plus longtemps avant de pouvoir circuler dans les airs pour se rendre au bureau ! En revanche, de belles innovations ont été réalisées dans le domaine de transports ces cent cinquante dernières années. En 1869, Jules Verne imaginait déjà un sous-marin entièrement électrique dans Vingt Mille Lieues sous les Mers. Celui-ci a vu le jour en 1888, soit près de vingt ans plus tard. Plus surprenant cette fois, John Jacob Astor IV annonçait en 1894, dans A Journey in Other Worlds, l’âge d’or de la voiture électrique qu’on rechargerait en la branchant sur un simple générateur. Même si cette technologie était déjà accessible à l’époque, l’imaginer se généraliser massivement fait encore à moitié partie de la science-fiction aujourd’hui.

 

Mais plus que les déplacements sous l’eau ou à quelques dizaines de mètres du sol, la conquête de l’espace a toujours beaucoup inspiré les auteurs de science-fiction. Et pas que les auteurs de romans ! Le concepteur de BD belge Hergé a fait en sorte que Tintin se pose sur la lune plus de 20 ans avant Niel Armstrong dans On a marché sur la Lune !  

 

On est toutefois forcés de constater qu’on s’éloigne de plus en plus de la voiture volante. Car si les scientifiques continuent d’explorer l’espace et les océans, la population en général a adopté la tendance d’utiliser des moyens de transports collectifs ou verts…

 

Robot EDF GDF-Suez - Salon du Livre de Paris 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

C’est bien connu, dans le futur les humains seront servis par des robots et les machines feront tout à leur place : ménage, lessive, repassage…  En janvier 1961, David H. Keller, publie dans le magazine Amazing Stories Unto Us A Child Is Born. Cette histoire explique que, dans le futur, il suffira que les clients appuient sur un bouton pour que les machines fabriquent, préparent et servent la nourriture. Fini la corvée de la cuisine !

 

Et bien sûr, comment parler de robots sans évoquer l’œuvre d’Isaac Asimov, réunie dans son intégralité dans Le Grand Livre des Robots en 1990. C’est d’ailleurs Asimov qui a fait passer le mot « robotique » dans le langage courant. Il a également inventé ce qu’on appelle aujourd’hui les 3 lois d’Asimov, qui dictent la conduite des robots (que l’on retrouve dans le film I, Robot). 

 

Aujourd’hui le secteur de la robotique est en pleine expansion : aspirateurs qui se déplacent seuls, ustensiles de cuisine rassemblés en un robot unique, secrétaires japonaises humanoïdes très réalistes… il se peut donc que, dans quelques années, nous ayons tous des serviteurs de métal. Adieu les corvées ! 

 

Toutefois, si un robot humanoïde qui fait le ménage a tout pour séduire, d’autres prédictions d’auteurs sont beaucoup moins sympathiques : John Jacob Astor IV, toujours dans A Journey In Other Worlds, décrivait un petit robot monté sur trépied qui capturerait une image de chaque véhicule qui passerait devant lui et en indiquerait la vitesse exacte. Eh oui, en 1894, il avait déjà imaginé le radar ! On sait qui remercier maintenant ! Ironiquement, le premier radar n’a été créé qu’en 1946 : alors si le Titanic s’était fait flasher en 1912, Astor ne serait peut-être pas mort noyé ! 

 

Si aujourd’hui l’arme suprême que tout le monde aimerait bien posséder est le sabre laser, les auteurs du début du XXe siècle voyaient les choses… comment dire… plus grand. En 1914, H.G. Wells prédit les dévastations que pourrait causer une bombe si puissante qu’elle détruirait des villes de plusieurs milliers d’habitants dans son roman La Destruction libératrice. Cela se concrétisera avec la bombe atomique. Et ça n’est peut-être même pas le pire. Dans La Guerre des Mondes, les humains trouvent une méthode de défense contre les martiens qui attaquaient la Terre : une arme biologique, une bactérie mortelle à laquelle leurs corps ne pouvaient pas résister. 

 

L'avenir, au bistouri bionique-laser

 

Pas uniquement versée dans la destruction, la science-fiction promet aussi de belles avancées en médecine, dont plusieurs se sont déjà réalisées. Michael Crichton prédit l’utilisation du scanner et de la technologie de l’Imagerie à Résonnance Magnétique en 1969 dans La Variété Andromède. L’IRM n’étant entrée en fonction dans les hôpitaux qu’au début des années 1990. Dans le livre, l’analyseur de corps électronique est utilisé pour les examens en médecine et remplace presque les médecins. L’idée de pouvoir voir dans le corps sans avoir à l’ouvrir a permis à la médecine de réaliser des progrès phénoménaux.

 

Richard Morgan va même plus loin dans Carbone modifié (2003) lorsqu’il décrit une machine surnommée « l’autochirurgien », un robot chirurgien qui peut opérer pendant de longues heures sans se fatiguer et faire des incisions beaucoup plus précises qu’un humain. Le Da Vinci, premier robot du genre, spécialisé dans les opérations de l’abdomen, a commencé à être commercialisé au début des années 2000. Il n’est cependant pas autonome, mais toujours commandé par un véritable chirurgien.

 

neuromancer

Joana Coccarelli, CC BY 2.0

 

 

Selon les auteurs du XXe siècle, nous devrions être capables de maîtriser parfaitement les techniques de conservation des organismes vivants par le froid. Alors si certaines choses sont aujourd’hui possibles, comme la congélation de sperme ou d’ovaires, il est, du moins pour le moment, impossible de cryogéniser une personne encore vivante. Jusqu’à preuve du contraire, refroidir un corps humain à ce point entraîne… la mort. Si les adeptes de la cryonie sont prêts à payer des fortunes pour que leurs proches attendent tranquillement le jour où les scientifiques auront vaincu la mort et pourront ressusciter les gens, il y a fort à parier que ce ne sera pas pour demain. Désolée Robert Heinlein, Une Porte sur l’été ne va pas se réaliser tout de suite ! 

 

Le futur n’est pas seulement pensé pour améliorer l’environnement de l’être humain, mais aussi les gens eux-mêmes ! Dans L’Âge de diamant (1996), Neal Stephenson imagine des prothèses pour améliorer les performances de chacun : des rétiniennes par exemple qui augmenteraient énormément nos capacités visuelles. Malheureusement, dans le livre, des hackers ont trouvé le moyen de pirater ces implants et de faire apparaître des publicités en vision périphérique. Nous serions donc constamment assaillis de publicités et cela nous conduirait à la folie puis au suicide…

 

Dans Les Voyages de Gulliver (1726), Jonathan Swift annonce que le corps humain est capable de produire de l’énergie électrique. De nos jours, nous sommes capables d’utiliser l’énergie que nous produisons en pédalant ou en marchant, mais cela nécessite encore une forme d’activité physique. Toutefois il est possible que, dans un avenir proche, nous puissions recharger notre téléphone grâce à la seule chaleur dégagée par notre corps.

 

De nombreux auteurs comme Frank Herbert (Et l’homme créa un dieu 1979) ont plutôt cherché à améliorer notre intérieur. Des maisons connectées qui tournent en fonction de la position du soleil, les fenêtres qui peuvent afficher des paysages virtuels, le contrôle à distance, les tablettes numériques… Nous nous sommes déjà familiarisés avec certaines de ces nouvelles technologies, comme la commande vocale de Siri ou les systèmes de sécurité par empreintes digitales, mais tant de choses géniales restent à être inventées ! 

 

Même les auteurs d’aujourd’hui continuent de nous faire rêver en imaginant le futur : les villes suspendues dans les airs, la communication avec les animaux, la téléportation… On espère juste que ce qui nous semble impossible aujourd’hui deviendra notre quotidien demain.

 

La vision que les gens de 1900 avaient de l’an 2000

 

 

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