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Le paperfuge, ou quand le papier peut détecter des maladies mortelles

Antoine Oury - 12.01.2017

Edition - Société - paperfuge - papier maladies - papier centrifuge


Manu Prakash, assistant en bio-ingénierie à l'université de Stanford, a mis au point un instrument révolutionnaire pour détecter les maladies mortelles... à l'aide de papier ! S'inspirant d'un simple jouet, il a conçu un outil capable d'effectuer des tests sanguins grâce à la force centrifuge à peu de frais.

 

Capture d'écran vidéo

 

 

Le principe est enfantin, et donc incroyablement ingénieux avec deux ou trois bouts de ficelle : la centrifugation est un procédé de séparation des différents composants d'un liquide, qui s'appuie sur leur densité respective. En soumettant le liquide étudié à la force centrifuge, les différents composants se distinguent : le procédé est relativement simple, mais le matériel nécessaire pour l'effectuer, les centrifugeuses de laboratoire, est assez coûteux.

 

Cela dit, la centrifugation est une technique que l'on peut utiliser au quotidien, lorsque l'on essore sa salade ou son linge par exemple : l'eau est alors séparée des éléments. Dans les laboratoires, la technique est fréquemment utilisée lors des examens sanguins, pour détecter la maladie du sommeil, la malaria, la tuberculose ou même le SIDA. Après centrifugation, les cellules rouges restent au fond du tube à essai, le plasma à la surface, tandis que les agents pathogènes se retrouvent en suspension.

 

Problème : dans les pays en développement, les centrifugeuses de laboratoire, lorsqu'elles sont disponibles sur place, ne disposent souvent pas de l'électricité nécessaire pour fonctionner.

 

Manu Prakash a eu sa révélation en voyant une toupie-disque tourner à l'aide d'une corde : le procédé technique est celui de la centrifugation, et, selon les mesures de Prakash, la vitesse de rotation était suffisamment rapide pour qu'il soit intéressant de développer un prototype. Celui que son équipe et lui ont mis au point, avec du papier, peut tourner à 125.000 tours par minute, ce qui est quand même un peu plus que la toupie de base, le tout avec une simple intervention manuelle.

 

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15 minutes de rotation ont été nécessaires pour isoler les parasites liés à la malaria, assurent Prakash et son équipe, sans électricité et pour un coût estimé à 20 centimes d'euros environ. Après quelques tests supplémentaires, le paperfuge devrait être mis à l'épreuve sur le terrain, à Madagascar.

 

 

via enGadget