Le Parrain : la succession veut se débarrasser de la Paramount

Clément Solym - 31.08.2012

Edition - Justice - Le parrain - procès - Paramount


La famille de l'auteur Mario Puzo, chargée de sa succession, n'en peut plus. Elle en appelle désormais au juge fédéral pour en finir avec les droits que la Paramount Pictures Corp détient sur l'oeuvre. Et l'avocat de la famille, Bertramn Fields, a plaidé ce jeudi, à Manhattan, pour démontrer de quelles violations constatées la Paramount s'était rendue coupable.

 

 

 

 

C'est en découvrant un nouveau tome de la série The Godfather, poursuivant l'oeuvre de Mario Puzo, que la Paramount avait vu rouge. Le contrat qui liait les ayants droit à la société de production remonte à plusieurs décennies, a souligné l'avocat, mais en rien celui-ci ne permet aux studios de faire empêcher la publication de ce nouveau livre. 

 

The Family Corleone, qui doit sortir cette année, plonge donc dans les méandres de la famille. Mais pour Paramount, hors de question de laisser faire : dans une plainte déposée au tribunal fédéral de Manhattan le 17 février dernier, le studio assure avoir acheté les droits du livre publié en 1969. Et par cette action, entend « protéger l'intégrité et la réputation de la trilogie du Parrain ». Pour ce faire, on n'y va pas par 36 chemins : uniquement celui qui entraînera un blocage de la parution. (voir notre actualitté)

 

« Le studio affiche un immense respect et une grande admiration pour Mario Puzo, dont le roman Le Parrain fut acquis en 1969 et a contribué à lancer l'une des plus célèbres trilogies cinématographiques de tous les temps. Nous avons une obligation et nous protégerons notre copyright et les intérêts de notre marque », assure un porte-parole de Paramount.

 

Mais les ayants droit n'allaient pas se laisser amadouer par les bonimenteurs : ils réclamaient alors 10 millions $ de dommages-intérêts contre les studios, en mars dernier. Et surtout, la cassation du contrat. (voir notre actualitté)

  

Pour l'heure, la juge de district, Alison Nathan, n'a pas rendu de décision suite à la plaidoirie. Mais selon l'avocat, c'est avant tout pour protéger ses intérêts et empêcher que d'autres studios ne mettent la main sur l'ensemble de l'oeuvre que la Paramount se bat. Plusieurs studios seraient très intéressés par cette franchise, qui n'a jamais démenti son succès. 

 

Or, la société de production ne va pas lâcher le morceau si facilement. Son avocat, Richard Kendall, assure que la demande d'annulation du contrat n'est pas recevable, et compte bien conforter la main-mise que son client peut avoir sur l'oeuvre et ses adaptations.

 

Le procès a démarré en 2008, la famille faisant valoir que dès l'adaptation du premier livre, les droits reversés avaient été extrêmement faibles. La rupture de contrat est claire pour Anthony Puzo, l'héritier : les membres de la Paramount auraient en effet signé un contrat attestant en 1992 qu'ils reverseraient une part significative des revenus liés à toute production audiovisuelle autour des éléments du Parrain.