Le patron de Foyles encourage les éditeurs à défendre les librairies

Xavier S. Thomann - 30.01.2013

Edition - Librairies - Foyles - Amazon - Grande surface


C'est dans une lettre ouverte adressée à The Bookseller que Sam Husain a fait part de son souhait de voir les librairies défendues avec plus de vigueur par les éditeurs. Il voit le naufrage de la chaine britannique HMV comme un avertissement pour le futur de la distribution de biens culturels dans des magasins réels. En effet, la menace provenant des supermarchés et des sites Internet (Amazon pour ne pas le nommer) n'a jamais été aussi importante. 

 

Foyle's, Soho, WC2

 Ewan-M, CC BY-SA 2.0

 

Selon l'intéressé, les libraires ne peuvent plus continuer à fonctionner comme c'est le cas aujourd'hui : plusieurs changements doivent intervenir pour éviter une disparition massive. Il faut « tout repenser», a-t-il dit. 

 

Cette disparition a déjà commencé. Husain explique que pas moins de 1,000 librairies indépendantes ont fermé leurs portes au cours des cinq dernières années au Royaume-Uni. En France, on pense bien sûr au cas récent de Virgin Megastore, qui devrait disparaître si aucun repreneur sérieux ne se manifeste dans les semaines à venir. 

 

Une solution pour mettre fin à cette mort annoncée serait de demander aux éditeurs de s'investir un peu plus dans la sauvegarde de ces lieux de vente, qui demeurent, il faut bien le reconnaître, le meilleur moyen qu'on ait trouvé jusqu'à présent pour mettre en valeur un livre. On aura beau dire, il est souvent plus agréable de flâner dans une belle librairie (où l'on trouve des personnes qui connaissent leur affaire) que d'être seul derrière son écran à regarder les meilleures ventes Amazon. Mais passons. 

 

Ce qu'il faut retenir de la lettre du patron de Foyles, c'est la demande faite aux éditeurs de mettre les librairies sur un pied d'égalité avec les supermarchés et les sites de vente en ligne. Cela passe par des réductions plus importantes, de même que le fait de ne payer que les livres vendus. Des mesures qui permettraient aux libraires d'être plus rentables, et par la même occasion plus compétitifs vis-à-vis de leurs meilleurs ennemis. 

 

Voici un extrait de ce qu'il avance : 

 

N'attendons pas qu'il soit trop tard, comme cela a été le cas avec HMV. Les libraires servent actuellement de show-room qui permettent aux gens de prospecter et jeter un coup d'oeil à l'offre avant d'aller acheter sur internet. Nous avons remarqué qu'en règle générale les éditeurs et les fournisseurs ont tendance à offrir aux grandes surfaces et aux vendeurs en ligne de meilleures conditions en raison des volumes de vente, ils vendent plus de nouveautés et par conséquent ils font plus de marge et vendent les livres à des prix moins élevés que nous pouvons le faire.

 

Reste à savoir si cet appel sera entendu. Il y a fort à parier que les éditeurs se contentent de la situation actuelle, arguant qu'ils sont eux aussi touchés par la crise (ce qui reste à vérifier dans certains cas).