Le PC chilien et les proches de Neruda réclament d'autres expertises

Julien Helmlinger - 13.11.2013

Edition - International - Pablo Neruda - Décès - Chili


Le deuil semble toujours contrarié pour les proches du Nobel 1971, Pablo Neruda, tandis que persistent les soupçons quant à une implication du régime Pinochet dans son décès. Depuis l'exhumation de son corps, une première série d'analyses poussées n'a pourtant pas mis en évidence de preuves flagrantes d'un empoisonnement du poète. Mais le Parti communiste du Chili ainsi que sa famille ont demandé, ce mardi, à ce que le juge poursuive son enquête en évaluant désormais la potentialité d'un assassinat de l'écrivain par le biais d'armes biologiques.

 

 

oceanaris, (CC BY 2.0)

 

 

 

Comme l'indique l'AFP, cette expertise supplémentaire devrait viser à faire la lumière sur la présence éventuelle de traces de gaz moutarde ou sarin, de staphylocoques et autres substances botuliques. Selon l'avocat du PC, Eduardo Contreras, ces divers agents biologiques développés par la dictature d'Augusto Pinochet pourraient avoir été liés à la mort de l'écrivain. Selon lui : « Il faut continuer à chercher la vérité par tous les moyens. »

 

Ce vendredi, le panel d'experts internationaux a quant à lui assuré n'avoir guère trouvé de substances toxiques sur la dépouille exhumée de Pablo Neruda, à l'exception des traces de médicaments qu'il prenait pour soigner son cancer de la prostate. Le neveu du prix Nobel, Rodolfo Reyes, s'est expliqué sur les ondes de Radio Coperativa : « Nous voulons connaître la vérité. [...] La question est de savoir de quoi il est mort. »


Tandis que Pablo Neruda serait décédé le 23 septembre 1973, soit une douzaine de jours après le putsch du général Pinochet contre le président socialiste Salvador Allende, le certificat de décès de la junte désigne son cancer de la prostate comme cause.

 

Une version qu'a contestée son chauffeur Manuel Araya. Ce dernier estime que l'écrivain et opposant politique aurait succombé quelques jours après une mystérieuse injection à l'estomac, faite au sein de l'hôpital Santa Maria de Santiago la veille de son départ vers le Mexique ou il comptait rallier l'opposition.

 

Un certain docteur Sergio Draper, qui avait d'abord clamé avoir été présent au chevet du mourant, a changé d'avis et prétend désormais n'avoir jamais été là. Il désigne l'américain docteur Price comme étant le véritable médecin traitant du poète.

 

Price, un nom mal identifié, peut-être un pseudonyme, que certains attribuent à l'agent double de la CIA Michael Townley. En 1976, ce dernier a été reconnu coupable d'avoir assassiné Orlando Letellier, ancien ambassadeur du Chili aux États-Unis, soupçonné en outre d'être impliqué dans la mort d'au moins trois autres diplomates. Le juge n'a pas pu l'interroger en raison du fait qu'il est inscrit dans le programme de protection des témoins et rien ne prouve qu'il était au Chili à l'époque des faits.