Le PDG de FNAC, Alexandre Bompard se méfie de Prisunic

Clément Solym - 11.02.2011

Edition - Justice - fnac - prix - unique


La réaction d'Alexandre Bompard, PDG de FNAC, dans Challenges s'inscrit dans la continuité de la réaction du Syndicat des distributeurs de loisirs culturels. Le SDLC avait mis en garde début février contre l'article 3 du projet de loi...

En effet, le Syndicat souhaitait que l'on prenne en compte que les plateformes étrangères pourraient échapper à la loi Lang, adaptée au livre numérique. (notre actualitté)

Le député Lionel Tardy avait souligné l'important de modifier cet article 3. « Utiliser les termes “acheteurs situés en France” impose une nécessité de s'assurer que le client qui télécharge un fichier numérique soumis au prix unique est effectivement sur le territoire français, ce qui risque d'entraîner des complications infinies. Il est préférable de parler de produits destinés au marché français. La jurisprudence est claire sur cette notion, et pourra traiter sans difficulté les litiges »

Yakomunkouak


À ce titre le PDG de FNAC souhaite que cette nouvelle législation puisse être appliquée à tous, confirmant la position du SDLC, pour qui « sans cet engagement, l'équilibre qu'avait réussi à établir la loi « Lang » entre l'amont et l'aval de la filière française du livre sera rompu et les libraires français seront seuls tenus de respecter les obligations qui découlent de la fixation du prix public de vente par l’éditeur ».


Cependant, à l'heure actuelle, le projet de loi néglige « le caractère géographiquement virtuel du livre numérique ouvrant de ce fait un boulevard au dumping culturel pratiqué par des acteurs américains ultrapuissants ».

En l'état de sa rédaction, « cela signifie que s'appliqueraient deux poids, deux mesures », puisque les géants de la distribution, Amazon, Google et Apple en seraient exclus. « D'une part, les distributeurs de produits culturels régulièrement établis sur le sol français, contributeurs fiscaux et créateurs d'emplois et de richesses pour le pays (...) seraient obligés de suivre une législation contraignante. » Contraingnante et pour cause : l'Autorité de la concurrence avait même estimé que la légilsation sur la question n'était pas utile en l'état actuel du marché.
 
Et d'ajouter : « D'autre part, les grandes plateformes situées hors de France, comme Apple, Amazon ou Google, seraient de fait exemptées de tout cadre réglementaire pour leurs ventes en France, et donc libres d'appliquer les pratiques déjà mises en oeuvre avec succès sur d'autres marchés sur lesquels elles ont acquis une position dominante. »

Situation complexe, mais qui n'infirme pas le soutien que FNAC apporte au prix unique de l'ebook, à condition qu'il soit appliqué à tous. Sans cette prise en compte, conclut Alexandre Bompard, « après le marché de la musique, c'est celui du livre numérique que l'on offrirait de facto aux grands acteurs américains, avec les conséquences que l'on connaît, en termes de concentration du marché et d'appauvrissement culturel ».

La loi sera examinée le 15 février à l'Assemblée nationale...