Plutôt que de pirater "soyez sympa, achetez les livres" (Arnaud Nourry)

Nicolas Gary - 13.03.2015

Edition - Société - Arnaud Nourry Amazon - Hachette Livre


Ce matin, le PDG du groupe Hachette Livre était l'invité de France Inter. Une présence appréciée, à quelques jours du Salon du livre, d'autant que les maisons littéraires du groupe ont choisi de ne pas y prendre part. Chose qui ne doit rien à « un caprice » du grand patron, et dont il s'explique, dans l'entretien. De ça, et de nombreuses autres choses. 

 

 

 

 

« Soyez sympa, achetez des livres », répondra Arnaud Nourry, à cette auditrice qui, à l'antenne, revendiquera non sans audace qu'elle a choisi de pirater des livres numériques, plutôt que de les acheter. Trop chers, estime-t-elle, et ne reflétant pas le véritable coût de ce qu'est la dématérialisation des œuvres.

 

De tarifs il y en fut également question, quand on évoque le sujet Amazon et le conflit qui opposa, outre-Atlantique, l'éditeur au revendeur. La décision d'Amazon « de casser les prix des livres en format numérique », sur les marchés britanniques et américains, serait pour beaucoup dans le développement de ce marché, sur ces territoires. « Parce qu'ils les vendent moitié moins cher que la version papier, et parfois en dessous », cela a pu « inciter les lecteurs » à migrer vers le numérique. 

 

Mais, note le PDG, depuis 18 moins, la progression des ventes numériques s'est calmée, voire a légèrement diminué. En France, si le marché ne décolle pas dans les mêmes proportions, c'est que les acteurs ont fait preuve d'une « responsabilité collective ». À ce titre, l'édition a observé les mutations du digital, et « la musique ou la presse ne sont pas de très bons exemples de transition numérique, on va dire ça », ponctue le PDG.

 

Reste que cette question tarifaire pour les livres était essentielle ; c'était donc une « bagarre essentielle que le contrôle du prix de vente ». 

 

Le PDG de Hachette reviendra également sur l'abonnement illimité, dont il redira tout le bien qu'il en pense, ou encore la TVA sur le livre numérique. Son groupe devrait absorber l'écart de marge, si la TVA devait être remontée, chose « qui sera désagréable pendant un peu de temps ». Et si l'éditeur doit l'absorber durant 18 mois, « il faut le faire, avec la perspective d'une révision des décisions de la Commission ».

 

Autrement dit, qu'un livre devienne un livre, fiscalement, qu'importe son support.

 

 


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