Le PDG de Kobo admire le développement constant de l'industrie du livre

Joséphine Leroy - 15.04.2016

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Qu’il s’agisse du marché de l’ebook ou du marché papier, le secteur de l’édition serait prospère, si l’on en croit le PDG de Kobo. Mais si l’on regarde les chiffres, il est notable que le marché global de l’édition a connu une longue période de déclin. D’après une étude d’Euromonitor, les recettes de l’édition ont chuté de 165 milliards $ à 145 milliards $ entre 2011 et 2014. Et le marché mondial de l’ebook s’est fragilisé, avec une perte de 7.4 % entre 2011 et 2012. 

 

Michael Tamblyn (Kobo) - London Book Fair 2014

(ActuaLitté / CC BY-SA 2.0)

 

 

Mais l’industrie se maintient. C’est en tout cas ce qu’estime Michael Tamblyn, le PDG de Kobo, la société spécialisée dans l’industrie de l’e-book et des liseuses numériques. « Ce qui est formidable avec cette industrie c’est que chaque année elle prend une nouvelle direction et se développe, passant toujours du papier au numérique et inversement », se réjouit-il. 

 

La cible idéale, pour le PDG de Kobo, ce sont les clients qui diversifient leurs achats et se tournent à la fois vers le livre papier et l’ebook. « (…) Les clients qui consomment le plus ont intégré l’idée que ces deux champs coexistent », avance-t-il dans CNBC. « Nous nous rendons compte que les deux formats vivent ensemble, en quelque sorte, et non qu’ils sont en compétition. » 

 

Cependant, les chiffres du marché du numérique ne sont pas exactement le reflet de cette coexistence pacifique décrite par Michael Tamblyn. Pour le moment, le marché de l’ebook est moins fructueux. L’Association of American Publishers a publié le mois dernier des statistiques éloquentes : entre janvier et novembre 2015, le marché de l’ebook aurait chuté de 12.7 %.

 

Dans un même temps, le marché du livre audio gagne en popularité. Les ventes ont augmenté de 40.3 % en 2015, toujours selon les statistiques de l’AAP. L’entreprise Audible a révélé à CNBC qu’elle avait enregistré une hausse importante dans ses ventes. « La croissance à 40 % illustre une adhésion très forte, les consommateurs intègrent facilement le livre audio dans leur quotidien chargé », analyse Tracey Markham, le responsable de la branche américaine de l’entreprise. « Deux tiers de nos récents adhérents disent acheter des livres audio pour la première fois (…) ».

 

Le succès de l'autopublication 

 

Michael Tamblyn a aussi évoqué l’incroyable succès de l’autopublication : « Les agents littéraires et les éditeurs dominent toujours le marché, mais l’autopublication devient véritablement une nouvelle voie. »

 

L’année dernière, 22 % des ventes d’ebook en Angleterre étaient des autopublications, selon Nielson Book. « La plupart du temps, quand le client achète une autopublication, il ne se rend pas forcément compte que c’est une autopublication. Ils sont si bien conçus, si bien édités, si bien présentés qu’ils se fondent dans la masse (…) ».

 

Kobo mise beaucoup sur le marché de l’autopublication. Récemment, la société a étendu les services d’autopublication auprès des auteurs. Mercredi 13 avril, la société a annoncé étendre ses services (Author Services). Selon le communiqué de presse, les auteurs et éditeurs peuvent désormais sécuriser le processus d’édition, concevoir la couverture de l’ebook, ainsi que sa mise en forme. Les services sont fournis par des spécialistes : Aptara, Nord Compo, AcePub, NewGen, plutôt que Kobo.

 

C’est ce que promet le communiqué de presse, mais ce n’est pas exactement la réalité. Le journaliste de Digital Reader a expérimenté l’offre  : « Je viens de me connecter à mon compte KWL [Kobo Writing Life, NdR] pour vérifier si les services fonctionnent, et quand je clique sur “Obtenir plus d’informations” pour chaque service offert, c’est seulement dans la moitié des cas qu’on m’indique la démarche à suivre pour aller plus loin. Pour l’autre moitié, il est indiqué que les services sont en cours d’élaboration. »

 

Chose promise, chose due !