Le PEN Club questionne la censure à l'ère numérique

- 26.04.2013

Edition - International - PEN Club - censure - Chine


La ville de Toronto célèbre pour la huitième année consécutive le plaisir de la lecture et le rôle de premier plan de sa bibliothèque publique. Figure tutélaire de cette édition, Ray Bradbury et son Farenheit 451 prescrit par les bibliothécaires municipaux. L'occasion de revenir sur l'impact des technologies et de la censure littéraire, non pas dans le domaine de l'anticipation, mais dans notre ère numérique.

 

 


 

 

Pour réfléchir à cette question, le festival Keep Toronto Reading a invité John Saul et Charles Foran, respectivement président international et président Canada du PEN Club. L'association des hérauts d'une littérature de paix et de tolérance ne pouvait que démarrer cette table ronde autour de la scène emblématique de l'œuvre de Bradbury. Celle d'une anonyme qui refuse de quitter sa maison, et surtout sa bibliothèque en proie aux flammes des autodafés, et qui décide de s'immoler plutôt que de voir le savoir partir en cendres.

 

Une introduction forte sur la puissance subversive et évocatrice de la page imprimée. Mais à l'heure de la dématérialisation, est-ce que le support même du livre garde cette image de sanctuaire de la connaissance ? Le président international du PEN Club répond en deux temps. D'abord pour expliquer que derrière le support, aujourd'hui comme hier, c'est l'auteur qui est visé. La preuve en est que comparé à la poignée de hauts dirigeants emprisonnés dans des purges politiques, environ 850 écrivains sont embastillés. Et plus grave encore, Saul souligne une « nouvelle habitude », celle du «  ne torturez ni n'emprisonnez pas les auteurs, tuez-les simplement ».

 

Dès lors, peu importe l'aspect papier ou numérique, le mot reste une source de puissance et d'autodafé. Plus encore avec les nouveaux moyens de propagation des idées : les réseaux sociaux l'ont démontré lors des révolutions arabes, au point que les blogueurs et utilisateurs de Twitter peuvent faire montre d'un plus grand danger pour les pouvoirs autoritaires. Et dans le même temps, le manque de reconnaissance de leur pratique, le fait qu'ils ne sont que les parents pauvres d'une écriture sans valeur leur attire des foudres plus nourries, au motif qu'ils ne sont pas écrivains. Une conception que le PEN Club récuse.

 

Un développement de la pensée par les réseaux sociaux, qui achèverait l'ère Gutenberg pour un retour à l'oralité, communication instantanée oblige. En adéquation avec les peurs d'un internet contrôlé, le responsable de l'entité Canada du PEN Club se fait l'écho d'une guerre idéologique entre partisans d'un internet libertaire contre ceux qui entraînent sa marchandisation. Avec des procédés « illégaux à l'intérieur même des juridictions nationales », verrouillant le net après des siècles de rédaction de droits en faveur des libertés. Saul n'y voit qu'une question de courage politique, « les lois de n'importe quel pays peuvent s'appliquer », assure-t-il. D'autres pays ont déjà farouchement tranché dans un sens, il rappelle les 20 à 50.000 gendarmes du net que compte la Chine.

 

Alors, la résistance reste de rigueur, envers les pays liberticides, mais plus encore nos démocraties européennes où les dérives sécuritaires n'ont fait que « reculer sur les libertés civiques ». Dans ce contexte, le PEN Club a rédigé une déclaration relative à la liberté numérique, comme un rappel aux libertés fondamentales et aux moyens de défense sur la Toile.




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