Le Pentagone garde l'Afghanistan en travers de la gorge

Clément Solym - 12.09.2010

Edition - Les maisons - censure - securite - nationale


Ça ne va pas fort, au Pentagone, alors que l'ouvrage d'Anthony Shaffer, ancien de l'agence de renseignements du pays s'apprête à publier un ouvrage, Operation Dark Heart...

Ce lieutenant-colonel réserviste a écrit ses mémoires. Et comme souvent dans ce genre littéraire, il y raconte des souvenirs. Souvenirs que le Pentagone préférerait relire et valider avant que le grand public ne s'en empare. Et pour cause...

Bon nombre des éléments que le lieutenant-colonel aborde sont tout bonnement classés secret-défense-si t'en parle, on t'éclate. Près de 10.000 exemplaires s'apprêtent à se déverser dans les librairies du pays, et le Pentagone négocie d'arrache-pied avec l'éditeur pour que le livre ne sorte finalement pas. Impossible pour le moment de savoir si les livres passeront directement par la case pilon, après avoir été rachetés par le gouvernement prêt à dépenser quelques deniers publics pour protéger, justement, ledit public.

Or, souci : selon l'avocat d'Anthony, les responsables de l'armée de réserve avaient lu le livre et l'ont validé. Alors quand le Pentagone voit rouge eu égard aux informations publiées, on se pose quelques questions. Et l'autorité d'évoquer un risque pour la sécurité nationale, ce qui généralement met fin à toute forme de conversation que l'on aurait pu avoir.

La DIA, ou Defense Intelligence Agency, à laquelle était rattaché notre auteur, se serait même offusquée de ce que l'armée ait pu approuver le contenu de ce livre. Washington est inquiet et le ministère de la Défense continue son lobbying pour empêcher l'ouvrage de voir le jour. L'un des arguments majeurs est que l'on peut y découvrir plusieurs éléments relatifs à un système de surveillance de la NSA.

Une révision du livre serait en cours, mais sans que l'on ait plus d'informations.