Le petit livre au rouge de Gustave Kervern

Clément Solym - 13.02.2012

Edition - Société - Gustave Kervern - Ivresse - Depardieu


On ne pensait pas un grolandais capable de sortir un livre. Et pourtant, c'est désormais chose faite. Gustave Kervern, journaliste imbibé de son état, a écrit le recueil Petits Moments d'ivresse pour mettre à l'honneur la bestialité et la « pure bêtise des moments de cuite » de ses invités.

 

Hormis l'apôtre de la boisson, l'inénarrable et grandiloquent Gérard Depardieu, le caverneux Kervern a su attirer d'autres personnalités pour un casting assez phénoménal. On citera les « attendus » Jean-Michel Ribes, Jean-Pierre Mocky, Antoine de Caunes ou Frédéric Beigbeder et les plus surprenants Julien Doré, Amélie Nothomb, Marjane Satrapi, auteure de l'ultra-récompensée BD Persepolis ou Sara Forestier, actrice sobre dont l'on aura pu se délecter notamment dans Le Nom des gens avec Gamblin. Chacun racontera donc sans modération son premier rapport avec la bouteille.

 

 

 

Mais pas seulement. « Le rapport à l'ivresse est le point d'entrée dans la vie familiale, il y a des alcooliques dans toutes les familles ». Ben oui, parce qu'outre la première cuite en elle-même, Kervern rappelle que Gustav est le deuxième prénom de Jung, et donc que cet état d'ivresse permet une approche presque psychanalytique des comportements : « Ces entretiens sont des biographies à travers le prisme œnologique ».

 

Et derrière la franche part de rigolade du bouquin et l'aspect nostalgique de la démarche, ce bon Gustave avait une autre idée en tête. « Je voulais ouvrir vraiment le lien, je voulais pas faire un truc sur les pochtrons absolus. » Dans ce cas quoi de mieux que de faire parler les piliers de bar pour ouvrir, ou plutôt rouvrir, un débat sur ce sujet encore, quoi qu'on en dise, tabou.

 

Retrouver Petits moments d'ivresse, sur Comparonet

 

Ainsi, Yvan le Bolloc'h relate la difficulté de vivre aux côtés d'une personne « sous emprise ». Et à Kervern de confirmer son désir d'« aborder l'histoire de l'art à travers l'ivresse et les grands buveurs, Dali, André Breton ou Cassavetes ».  Et c'est là que le livre prend toute son ambition.

 

Alors, raconter sa première cuite à ce gros nounours (et sa femme, Stéphanie Pillonca, coauteure), serait donc une thérapie.

 

La solution aux déboires des VRP de Pernot-Ricard ?