Le philosophe George Steiner est décédé à l'âge de 90 ans

Antoine Oury - 04.02.2020

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Le philosophe et critique franco-anglo-américain George Steiner est décédé ce lundi 3 février à Cambridge, au Royaume-Uni, a indiqué son fils David Steiner. Né le 23 avril 1929 à Neuilly-sur-Seine, il a constitué en cinquante ans une œuvre vaste, partagée entre les articles, les essais, les conférences et quelques romans.

George Steiner (capture d'écran YouTube)


Fait grand maitre de la critique littéraire avec ses articles publiés entre 1966 et 1997 dans The New Yorker, Steiner était, cela n'étonnera personne, un féru de lecture. « Un être qui connaît un livre par cœur est invulnérable, c’est plus qu’une assurance vie, c’est une assurance sur la mort », assurait-il, ayant lui-même ses favoris : il a signé nombre d'essais sur des auteurs et des textes, dont Tolstoï ou Dostoïevski (traduit par Rose Celli, Le Seuil, 1963) et Après Babel : une poétique du dire et de la traduction (traduit par Lucienne Lotringer et P.E. Dauzat, Albin Michel, 1978).

Steiner est né en France, au sein d'une famille autrichienne, contrainte de fuir le pays face à la montée de l'antisémitisme : en 1940, sa famille traverse l'Atlantique pour New York, évitant sans doute la déportation. Bénéficiant d'une éducation trilingue, en allemand, français et anglais, George Steiner ne pouvait que développer une pensée favorable à la circulation des individus comme des idées, un combat que l'on retrouve dans Une certaine idée de l'Europe (traduit par Christine Le Bœuf, Actes Sud, 2005) et Ceux qui brûlent les livres (traduit par Pierre-Emmanuel Dauzat, L'Herne, 2008).

« La dignité de l'homo sapiens, c'est [...] la découverte de la sagesse, la quête d'un savoir désintéressé, la création de beauté. Gagner de l'argent et inonder nos vies de biens matériels de plus en plus dénués d'intérêt est une passion profondément vulgaire, dévastatrice », écrivait le philosophe dans Une certaine idée de l'Europe. Professeur à Oxford et à Harvard, il avait à cœur de défendre la culture gréco-latine, dans le prolongement de ses essais.
 
George Steiner a signé plusieurs romans, dont Le Transport de A. H., (traduit par Christine de Montauzon, Julliard/L'Âge d'Homme, 1981). Malgré son imposante œuvre, il n'a pas eu le temps de concrétiser plusieurs de ses idées, qu'il avait malgré tout voulu coucher sur le papier, avec Les Livres que je n'ai pas écrits (traduit par Marianne Groulez, Gallimard, 2008).

Mise à jour 05/02 :

Les éditions Noir sur Blanc republieront le 5 mars prochain, dans la collection « La bibliothèque de Dimitri », Le Transport de A.H. dans une traduction revue et corrigée, assortie d’une postface inédite de l’auteur, annonce la maison dans un communiqué. « La provocation [de A.H.] se révèle plus indécemment pertinente aujourd’hui qu’au moment de la publication de ce livre », remarque George Steiner lui-même dans la postface inédite du Transport de A.H....



via Le Point, Wikipédia


Commentaires
A l'heure où tous les nationalismes, à la sauce "années trente", refleurissent, la mort de cet intellectuel de la Mitteleuropa ne peut que sonner comme un glas et nous encourager à le lire et le relire encore...
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