Le piratage des livres, 'une réalité vieille de plusieurs siècles'

Clément Solym - 24.08.2011

Edition - Société - numérique - piratage - livres


Dans un article pour TechCrunch, Paul Carr donne son avis sur le piratage des livres numérique. On ne peut pas s’insurger contre le piratage, commence-t-il, « notamment parce que c’est un problème sans issue. »

La seule chose à faire, est de tenter de limiter les dégâts, non pas en installant des DRM et des lois antipiratage, mais en proposant des solutions simples et bon marché pour acheter des versions légales.

« Les gens qui copient illégalement des livres sur une large échelle, pour leur profit personnel, devraient être enterrés jusqu'au cou dans le sable jusqu'à ce que les fourmis mangent leurs poumons de l'intérieur. Sur ce point, je suis sûr que nous sommes tous d’accord. »

Pourtant, pour ce qui est des fichiers diffusés en peer-to-peer, les choses sont différentes selon Carr, puisqu’ils rentrent dans le cadre de la libre diffusion de la lecture. « Depuis le 17e siècle, les gens trop pauvres pour acheter un livre peuvent se promener dans une bibliothèque publique et emprunter des livres. »

Dans les bibliothèques ou dans la vie courante, les livres ne sont pas considérés comme des objets personnels, ils circulent. Après avoir lu un livre, on le prête à sa soeur ou à son voisin ou on le laisse dans un lieu public pour en faire bénéficier quelqu’un d’autre. Ce type de pratiques est courant et n’a jamais été considéré comme un affront aux auteurs ou aux éditeurs.


Le seul problème, c’est que cette forme de partage n’est généralement pas possible sur les lecteurs ebook - à l'exception d'un système bancal de prêts sur Nook ou Kindle. On n’a donc guère le choix et faute d’un meilleur système, le piratage prend le dessus.

Mais avant de nous plaindre de l’impact des livres piratés sur l’industrie de l’édition numérique, il serait bon de mieux calculer le nombre de pertes sur la circulation des livres physiques, « sans compter les centaines de millions (milliards ?) de livres papier qui sont volés dans les librairies du monde entier chaque année. »

Carr précise que les pertes économiques sur les livres piratés représentent un pourcentage infime du chiffre d’affaires, c’est pourquoi certains éditeurs choisissent de publier des livres numériques sans DRM et ne s’en trouvent pas financièrement lésés.

« Si j’ai 10.000 copies et que je mets un DRM, je vais en vendre 10.000. Mais si je ne mets pas de DRM, il y aura 100.000 copies en circulations et je vais tout de même en vendre 10.000. Quelle solution est la meilleure ? », explique Tim O’Reilly, l’un de ces éditeurs anti-DRM.

Enfin, le partage en ligne des livres numériques paraît tout de suite moins effrayant, puisqu’il ne serait que « la prolongation sur la sphère numérique d’une réalité vieille de plusieurs siècles ». (via TechCrunch)