Le piratage est-il le vrai problème du numérique ?

Clément Solym - 01.04.2011

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Les DRM sont ces petits logiciels qui empêchent la copie non autorisée d'un fichier légalement acheté. En somme, les DRM sont des verrous, qui restreignent l'utilisateur, mais empêchent le piratage, estime les éditeurs.

Alors que l'industrie de la musique y a déjà renoncé depuis plusieurs années (notamment au travers d'iTunes), l'industrie du livre qui a pris la vague du numérique avec un peu de retard s'intéresse au plus au point à ces petits verrous.

Pourtant, selon une étude de Ars Technica, seule 9% de la population des internautes est estimée être pirate. Aux Etats-Unis, certes. Mais le marché est suffisamment développé et représentatif là-bas pour qu'il serve de parallèle efficae avec le marché hexagonal.

9% de pirates, cela signifie 91% de non pirates. Le verrouillage des fichiers légalement acquis, musicaux ou livresques, qui empêche leur transfert d'un appareil à un autre ou de prêter un livre à sa petite soeur sans lui confier son iPad, enquiquine donc 100% de la population pour 9% de tricheurs.

Et si 9% reste un pourcentage important, il importe de rappeler que les éditeurs restent ravi du marché physique du livre, qui, dans son modèle économique, fonctionne avec 40 à 50% d'invendus, retournés ou détruits. Avec des coûts de productions largement supérieurs à ceux nécessaires pour le numérique.

Pirates ? Vraiment ?

À mettre en tout cas en parallèle avec l'étude du MOTif, qui en France pointe effectivement une hausse de l'offre de livres numériques piratés, mais surtout, montre que la présence de DRM ne constitue pas l'un des noeuds pour une offre légale attractive. (notre actualitté)

(Via Arstechnica et Teleread)