Le piratage, véritable histoire de l'édition aux Etats-Unis

Clément Solym - 29.02.2012

Edition - Justice - Etats-Unis - piratage - livre


Il ya des paradoxes qui mettent le feu aux poudres. Ainsi, le piratage et la contrefaçon furent durant plusieurs années au coeur de l'économie et de la vie étasunienne - et auraient d'ailleurs aidé plusieurs maisons d'édition à faire fortune. D'une certaine manière, ce serait donc la contrefaçon qui aurait fait de l'industrie du livre ce qu'elle est aujourd'hui devenue...

 

Explications (fort nécessaires...). Remontons aux années 40, celles de 1800 : à cette époque, les ouvrages britanniques étaient publiés sans qu'aucun droit d'auteur ne soit versé. Les Britanniques faisaient de même pour les oeuvres françaises, et probablement que les Français avaient aussi leurs bêtes noires. Dans un article de CNet, on retrouve ainsi un petit historique de ce qui a été une situation de fait - et une situation de non-droit, durant des années. 

 

 

 

S'appuyant sur le livre de 1999, couronné d'un prix Pulitzer, Gotham: A History of New York City to 1898, écrit par Edwin Burrows et Mike Wallace, c'est justement cette période précise de l'éclosion de l'industrie américaine du livre que l'on raconte. Et qu'est-ce que l'on y constate ? Une certaine nonchalance de la part du gouvernement des États-Unis, à l'égard du droit d'auteur, et des comportements des éditeurs...

 

Le livre donne le ton, et du meilleur goût : 

 Some (U.S. publishers) sent agents to England with orders to grab volumes from bookstalls... and ship them west by fast packet. Copy was then rushed from the dock to the composing room, presses run night and day, and books hurried to the stores or hawked in the streets like hot corn. 

 

Les auteurs du livre expliquent ainsi que c'est de cette manière qu'une maison comme HarperCollins s'est hissée au plus haut des cimes - aujourd'hui devenue propriété de News Corp, la grande société du magnat Murdoch. 

 

Or, si le pays supportait ce type de comportement, ce n'est pas parce que le droit d'auteur n'existait pas. Les premières protections pour la propriété intellectuelle datent de 1787, mais ne concernaient... que le travail produit par les citoyens américains. En somme, protégeons ce que l'on produit, et pillons le reste. À cette époque, le gouvernement américain refusait tout bonnement de reconnaître le droit d'auteur étranger. 

 

Or, même Charles Dickens, parti de son Angleterre natale pour une visite sur le Nouveau Monde, se rend compte que ses ouvrages sont là-bas publiés sans vergogne, et raconte comment, à New York, les éditeurs ne respectent pas ses droits de créateur. 

 

Et dire que depuis, c'est tout un scandale qui est brandi, avec des MegaUpload ou encore des ACTA...