Le plaisir de lire s'estompe mondialement

Clément Solym - 11.09.2011

Edition - Société - lecture - plaisir - jeunes


Baisse du plaisir de lire généralisée ? Voilà une étude qui va propager gentiment la morosité que les premiers résultats de vente du mois d’août avaient participé à chasser...

Relativisons tout de suite, les résultats en question résultent d’une étude internationale PISA sur des données de 2009. La tendance a donc pu s’inverser.

Des indicateurs tous à la baisse

En décortiquant les comportements des lecteurs, on découvre ainsi qu’entre 2000 et 2009, les jeunes français qui aiment la lecture sont passés de 70 % à 61 %. C’est qu’entre temps, la révolution internet a apporté d’autres sources de divertissements - mais également d’autres moyens de lire, peut-être pas encore référencés par les utilisateurs comme de la lecture, à proprement parler.


D’autre part, l’étude pointe qu’en moyenne, les pays de l’OCDE comptent 37 % d’élèves qui ne lisent pas par plaisir, avec un pique en Autriche, aux Pays-Bas et au Luxembourg, qui atteint 45 %. Et toujours une conclusion simple, « dans tous les pays, les garçons lisent non seulement moins que les filles par plaisir, mais lorsqu'ils lisent par plaisir, leurs habitudes de lectures sont également différentes ».
Les filles sont plus susceptibles que les garçons de lire des livres de fiction et des magazines. À l’inverse, plus de 65 % des garçons lisent régulièrement des journaux par plaisir, contre 59 % seulement de filles. Dans les pays de l’OCDE, les élèves qui lisent régulièrement des bandes dessinées par plaisir sont relativement rares : 27 % des garçons déclarent en lire plusieurs fois par mois ou plusieurs fois par semaine, contre 18 % seulement de filles.
Certes. Et d’autant que les pays moins avancés économiquement attestent d’un plaisir de lire largement supérieur à d’autres, comme la France, ou la Grande-Bretagne. Pour l’OCDE, c’est que les livres y sont encore des biens rares, donc précieux, et qui jouissent d’une perception tout autre.

Vecteur de mieux être scolaire

Pourtant, la lecture reste un atout majeur dans la scolarité et les résultats. Ainsi : « L’implication des parents lors des premiers pas de leur enfant dans le monde de la lecture a un impact positif sur sa performance en compréhension de l’écrit. les élèves dont les parents ont déclaré qu’ils lisaient des livres « chaque jour ou presque chaque jour » ou « une ou deux fois par semaine » avec leur enfant durant sa première année primaire ont obtenu aux épreuves du cycle PIsa 2009 des scores supérieurs à ceux des élèves dont les parents ne lisaient « jamais ou presque jamais » ou qu’« une ou deux fois par mois » des livres avec leur enfant. »

Autre petit problème : « Ces dernières années, les écarts se sont creusés en compréhension de l’écrit et les différences d’engagement dans la lecture se sont accrues entre les sexes. Amener les élèves à changer d’attitudes et de comportement est sans doute plus difficile en soi que de leur offrir l’égalité d’accès à des enseignants et des établissements de qualité, deux facteurs qui expliquent les performances médiocres des élèves issus de milieux socio-économiques défavorisés – un front sur lequel certains pays ont accompli des progrès sensibles au cours de ces dix dernières années, comme le montre l’enquête PIsa. »

Reste que la prochaine étude aurait tout intérêt à prendre en compte la relation à la lecture numérique, puisque celle-ci est complètement absente des résultats avancés. Même si le livre numérique n’avait pas encore réellement fait son trou à cette époque, la lecture via internet, tout simplement, mériterait amplement d’y trouver sa place.

Retrouver l’étude dans son intégralité.


Crédit illustration Figaro