Le plan de soutien à la librairie indépendante est officiellement lancé

Antoine Oury - 08.01.2014

Edition - Librairies - plan de soutien - ministère de la Culture - CNL


Par voie de communiqué, le ministère de la Culture et de la Communication et le Centre National du Livre (CNL) annoncent le lancement officiel du plan de soutien à la librairie indépendante, dévoilée cet été par la ministre Aurélie Filippetti. Celui-ci pourra alimenter les trésoreries des librairies en difficulté, mais également faciliter la reprise de certains établissements, comme l'a montré le récent cas Chapitre.

 

 

Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture

Aurélie Filippetti à Bordeaux, peu après l'annonce du plan de soutien

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le CNL annonce :

 

Le Centre national du livre a doté l'ADELC et l'IFCIC pour un total de 9 millions d'euros, afin d'assurer l'exécution du plan de soutien en faveur de la librairie indépendante annoncé par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication.

 

- 4 millions d'euros sont attribués à l'ADELC (Association pour le Développement des librairies de création) pour la transmission et la reprise de commerces de librairies indépendantes.

Sont éligibles des libraires dont l'activité de vente de livres neufs est majoritaire dans leur chiffre d'affaires.

Les dossiers sont examinés par un comité d'engagement de l'ADELC où siège le CNL. En 2008, un 1er fonds avait déjà été confié à l'association par le ministère de la Culture et de la Communication et avait permis d'accompagner plus de 50 librairies.

 

- 5 millions d'euros sont attribués à l'IFCIC (Institut pour le Financement du Cinéma et des Industries Culturelles) pour pallier les difficultés de trésorerie que certaines librairies peuvent rencontrer ponctuellement.

Sont éligibles les PME indépendantes établies en France, créées depuis plus de 2 ans et répondant aux critères européens de la PME autonome. L'entreprise bénéficiaire doit avoir pour activité principale la vente de livres neufs au détail.

L'instruction des dossiers est assurée par l'IFCIC. Les demandes d'avances sont examinées par un comité d'engagement (composé de professionnels, de personnalités qualifiées et d'un représentant du CNL), qui sera sollicité par voie dématérialisée.

 

Les demandeurs potentiels peuvent déjà se faire connaître auprès de l'ADELC, de l'IFCIC ou du CNL.

 

Pour ce dernier fonds géré par l'IFCIC, le Syndicat de la Librairie Française (SLF) apporte quelques précisions sur son site :

Ce fonds d'avances remboursables est ouvert à l'ensemble des librairies indépendantes afin de les soutenir face aux difficultés de trésorerie liées à leur activité.

 

Le montant de l'avance est plafonné à deux mois de CA TTC livres neufs (détail + ventes à terme), dans la limite de 100 000 €. La durée de l'avance est de 12 mois maximum avec possibilité de franchise. Pas de montant plancher d'aide. Remboursement par mensualité ou à échéance.

 

Aucune garantie n'est demandée. Le taux d'intérêt est fixé à 3,5 % l'an, soit nettement moins que les conditions exigées par les banques pour des interventions en trésorerie.

Ces avances ne doivent pas se substituer aux concours bancaires. Elles interviennent en complément de ces derniers ou lorsque les démarches entreprises par les libraires auprès des banques ont été infructueuses.

Le délai de remboursement est fixé à 5 ans, mais, interrogé par ActuaLitté, le président du CNL, Vincent Monadé, a souligné que les délais seraient ajustables, et toujours fixés en concertation avec les librairies concernées.

 

Par ailleurs, à ce fonds de 9 millions € devait s'ajouter une participation volontaire des éditeurs membres du SNE, annoncée en même temps que le plan d'aide à la librairie. Le montant estimé à l'origine par Vincent Montagne tournait autour des 7 millions €, mais le taux de TVA à 5,5 % sur le livre, inchangé malgré les attentes, a pu refroidir les ardeurs de chacun. 

 

Pour le moment, aucune nouvelle de la constitution de ce fonds. Toutefois, les rachats de librairies Chapitre par Gallimard et Albin Michel pourraient laisser croire que l'aide se matérialisera à présent sous une autre forme.