Le "poète escaladeur" Hervé Couasnon boycotte son procès

Julien Helmlinger - 12.12.2014

Edition - Justice - Hervé Couasnon - Poète - militant - Justice


Aléas du surbooking, en juillet dernier, Hervé Couasnon avait tenté d'embarquer dans un avion à Roissy sans être muni d'un billet, mais comme le vol était complet le farceur ne risquait pas de passer inaperçu. Habitué des entrées un peu particulières dans des lieux très sécurisés, pour promouvoir une forme de protestation, l'autoproclamé « poète escaladeur » devait être jugé ce 12 décembre. Il a annoncé qu'il ne se présenterait pas au tribunal correctionnel de Bobigny comme prévu, car il avait l'intention d'assister aux obsèques de la reine Fabiola.

 

Le poète, en pleine séance.. de dédicaces ? (via Facebook

 

 

Le Périgourdin, qui avait notamment fait parler de lui en pénétrant dans une centrale nucléaire, doit cette fois comparaître pour « entrave à la navigation d'un aéronef » et encourt une peine de 2 à 5 ans de prison. Alors que les funérailles nationales de l'ancienne reine des Belges Fabiola, qu'il ne « connaissait pas personnellement », se tiennent ce vendredi à Bruxelles, l'accusé aura trouvé une royale excuse pour son absence à son procès. Il l'avait déjà fait reporter l'été dernier en invoquant des motifs médicaux.

 

Pour mémoire, le 3 juillet dernier, il avait tenté de s'inviter dans un Paris-Rome d'Air France en profitant de son passage en transit depuis Bordeaux. À l'arrivée de son avion, au lieu d'entrer dans l'aéroport, il était resté dans la zone de transit et avait attendu l'embarquement du vol suivant, celui pour Rome, et s'était notamment fait passer pour un agent assistant un handicapé. Le poète a cependant été trahi par le fait que l'avion était plein : aucune place ne pouvait donc lui assurer une pleine discrétion…

 

L'incident avait provoqué un retard de trois heures et obligé au débarquement des passagers. La compagnie Air France, qui est représentée dans cette affaire par Me Maxime Malka, a décidé de porter plainte.

 

Avec ce nouveau revirement, le procès intenté par Air France a été reporté au 26 mars prochain, et une expertise psychiatrique supplémentaire a été ordonnée par le juge. Celui-ci estime en effet que l'accusé avait fait des déclarations farfelues. De son côté, Couasnon a déclaré refuser de se « soumettre à cette expertise. Je suis sain de corps et d'esprit », profitant que la parole lui était donnée pour annoncer qu'il serait « candidat à l'élection présidentielle de 2017 » et qu'il n'avait donc « pas de temps à perdre ».


Me Pierre Daniel-Lamazière, qui n'était pas présent à l'audience, avait toutefois demandé un report de l'audience pour que son client puisse bénéficier d'une expertise psychiatrique. Ce qui avait déjà été ordonné en août par le tribunal, mais l'accusé ne s'était pas rendu aux convocations de l'expert. Or pour le procureur cette expertise serait « extrêmement importante dans ce dossier » et comporte une obligation de soin, précise l'AFP.