Le poète tunisien Moncef Ouhaibi menacé de mort

Julien Helmlinger - 29.05.2013

Edition - International - Moncef Ouhaibi - Poésie - Menaces de mort


Une nouvelle plume ferait l'objet d'insultes et de diffamations. Les éditions Bruno Doucey alertées par le principal intéressé, font état de multiples atteintes visant actuellement leur auteur et poète tunisien, Moncef Ouhaibi. Une manière, pour l'éditeur, via communiqué de presse, de soutenir une « grande voix progressiste de la Tunisie », et qui fait désormais grincer les dents du côté des fondamentalistes. Et ce, au point que son intégrité physique s'en trouve menacée.

 

 

 

 

Le poète est né en 1942, du côté de Kairouan, à Hajeb Al Ayoun. Outre sa carrière d'auteur de documentaires, fictions et recueils de poésie, il exerce également en qualité de professeur de langues et de littérature arabe au sein de l'université locale.

 

Il a notamment publié Devant les portes de Kairouan, ou Pays qui me ressemble, un récit situé en 1914 et mettant en scène les voyages de Paul Klee dans la région. Ainsi que les recueils poétiques : Table, Manuscrit de Tombouctou, Les affaires de la femme qui a oublié de grandir.

 

Au travers de son communiqué, l'éditeur exprime son soutien inconditionnel à Moncef Ouhaibi, et exhorte les autorités tunisiennes à prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection de l'écrivain.

 

Ci-dessous, un extrait de son livre Que toute chose se taise, paru en janvier 2012 : 

« Ne faites pas la prière
Ce vendredi
Ne lisez pas la Fatiha
Levez-vous comme les Tunisiennes et les Tunisiens
En ce vendredi
Psalmodiez : louange au peuple
Notre seigneur à nous tous
Psalmodiez : louange au soleil
Que le peuple fait rouler en ses mains
Psalmodiez : louange à la terre
Que le peuple entoure
Et fait tourner dans ses mains
Que toute chose se taise
Ce vendredi (...)
N'entendez-vous rien ?
Mais si, écoutez bien
C'est le bruit de ses bottes
Le despote
Qui s'enfuit
Qui part
En hâte
Qui traîne ses pas lourdement
Vers l'endroit où
Il s'endormira
Dans un cadavre vide »