Le poids des librairies à l'ère numérique

Auteur invité - 28.10.2019

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Depuis plusieurs années, les librairies connaissent des difficultés face à l’arrivée de plusieurs rivaux, dont la plateforme Amazon. Malgré un contexte économique défavorable, elles parviennent à tirer leur épingle du jeu et se démarquent de plusieurs façons de ce concurrent. 

Librairie La Manoeuvre - Paris Xie
La manoeuvre - ActuaLitté, CC BY SA 2.0 (photo d'illustration)
 
 

Amazon versus les librairies indépendantes 


Au cours de l’année 2018, les librairies de niveau 1 ont représenté 24,5 % des ventes de livres, ce qui équivaut à une perte de 2 % par rapport à l’année précédente. Elles se placent derrière les librairies de niveau 2, Internet et les grandes surfaces spécialisées, qui sont des circuits de vente en progression ces dernières années.

L’un de ces principaux concurrents est bien sûr la plateforme Amazon, dont le nombre consommateur dépasse aujourd’hui les 29 millions en France. En 2017, elle représentait déjà à elle seule environ 15 % des ventes de livres. 

Celle-ci a plusieurs avantages par rapport aux librairies : réputée pour sa logistique, elle jouit d’un espace de stockage bien plus important que celui de n’importe quel magasin grâce à ses trois entrepôts d’en moyenne 90.000 m2 sur le territoire français ; une quantité très importante de livres peut donc y être stockée, garantissant ainsi à l’acheteur de trouver le titre qu’il cherche.

Face à une augmentation constante des parutions et à des espaces bien plus modestes en comparaison, les libraires doivent quant à eux sélectionner les livres à mettre en vente. 

Cependant, les librairies sont loin de se résigner. En 2017, des centaines d’entre elles se sont réunies pour créer leur propre plateforme commune nationale : librairiesindependantes.com, dont le but est de mettre en commun leurs données pour que le lecteur qui a peur de se déplacer pour au final rentrer bredouille puisse trouver le livre souhaité.

Grâce à un système de géolocalisation, il peut alors découvrir quelles sont les librairies les plus proches qui possèdent l’objet de son désir ou qui peuvent le commander pour lui

Ce sont aujourd’hui au total 700 librairies qui ont rejoint cette alternative à Amazon, pour 200 millions de livres disponibles à la commande.
 

Des lieux propices au partage de la culture 


Les librairies restent toutefois des lieux symboliques de partage, d’accès à la culture, « de résistance à la bêtise  », comme s’est exclamé l’animateur de La Grande Librairie François Busnel.

Véritables lieux idéaux pour flâner, discuter de littérature, se faire conseiller par un libraire, mais aussi, parfois, rencontrer un auteur qu’on apprécie, avoir le temps d’échanger avec lui et de se faire dédicacer son livre... Les librairies possèdent des avantages indéniables par rapport à une plateforme de vente en ligne.

D’abord, le rôle de prescripteur culturel exercé par le libraire est irremplaçable : il est là pour « accueillir, orienter, fidéliser les clients », comme l’indiquait Xavier Moni en 2017, fort de ses 16 ans d’expérience dans le métier et aujourd’hui président du Syndicat de la Librairie Française.

Librairie l'Acacia (Paris)
L'acacia - ActuaLitté, CC BY SA 2.0 (photo d'illustration)

 
Ses propres lectures et sa connaissance des livres proposés dans sa librairie lui permettent de guider le lecteur, de lui proposer un livre qui correspond à ses goûts, mais aussi à ses envies, quand l’algorithme d’Amazon ne prend en compte que ses derniers achats sur la plateforme. L’humain et la communication priment donc pour dénicher le livre idéal.

Depuis quelque temps, on observe également de nouveaux concepts émerger pour attirer la clientèle : c’est le cas par exemple de la librairie indépendante Shakespeare & co, située dans le 5e arrondissement depuis 1951, qui propose depuis 2015 de profiter d’une boisson et de pâtisseries tout en découvrant leur sélection en matière de littérature anglo-américaine. De plus en plus de librairies font ce pari de la spécialisation, comme Pop lecture, une enseigne située en Nouvelle-Aquitaine uniquement dédiée aux bandes dessinées francophones, aux mangas, aux comics et aux romans de fantasy et de science-fiction, des genres littéraires qui connaissent une hausse des ventes depuis plusieurs années.

Elles deviennent le repère de lecteurs passionnés par des univers communs et favorisent les échanges et les conseils de lecture avisés. 
 
par Estelle Eid


Dossier :  L'attractivité des librairies, malgré Amazon ou Netflix


Commentaires
Dans ma ville (Aix-en-Provence) il ne reste plus qu'une librairie. On ne s'y sent pas à l'aise. J'ai toujours eu l'impression de ne pas être assez intelligente pour y acheter des livres ! Je me suis forcée plusieurs fois à y aller. Devant le manque d'amabilité des vendeurs (ils ont réussi à encaisser mon dernier achat sans m'adresser la parole) je pense que je vais désormais acheter à la FNAC. Je ferai au moins travailler des vendeurs sur place.
Prenons le temps d'attendre le livre souhaité si le libraire ne l'a pas à l'instant T et découvrons les richesses de la librairie. Savourons les échanges et les rencontres avec les auteurs
Pourquoi faire comme s'il y avait que 2 manières pour se renseigner sur les livres, BookTube est très pratique (suis tombé sur Mécanique Céleste ou Il faut flinguer Ramirez grâce à YouTube ni Amazon ni un Libraire ne me les auraient recommandés), vous aussi ici vous y participez. Après je trouve l'algorithme de comiXology très efficace surtout pour très petits éditeurs, plein de découvertes (dernièrement Cosmoknights par Hannah Templer et Money Shot par Sarah Beattie, je dois aussi prendre Planet of the Nerds (mais là je connaissais déjà l’éditeur)) ; besoin de personne pour La Fille de Vercingétorix.



Pour les Mangas à venir plus difficile de précommander (je lis pas de scans) heureusement il existe les critiques sur Amazon.co.jp ; les libraires dans ce cas comme Amazon servent peu.
Pour les rencontres hélas entre ma phobie sociale et le fait que je risque pas de rencontrer Naoki Urasawa ou George Pérez (entre autres) dans le coin donc rien ne risque d'arriver, reste les conventions mais pour moi ça ressemble un peu à un enfer donc je fais pas, au mieux je "discute" via Twitter. Reste les shops comme celui de Kelly Thompson pour les autographes (mais c'est plutôt cher surtout en FDP).
ou le crowdfunding...
Quand j'étais gosse, j'étais très intimidé à l'idée de franchir le pas de la librairie de ma ville. Je m'en sentais exclu car non initié. En plus, l'idée même de lire un roman était pour moi quelque chose d'ultra-chiant et de très désagréable. Et quand par erreur j'en franchissais le pas, l'overdose visuelle de bouquins avait un effet repoussoir définitif. Aujourd'hui pour moi rien n'a changé sauf que ces livres indigestes, c'est moi qui participe à les écrire. Pour moi le premier problème de la librairie, c'est la librairie. Tant qu'elle aura cet effet repoussoir, tant que le livre ne sera pas devenu sexy (=addictif) et rare (=porté par un souffle, une voix), il continuera de dépérir.
Les librairies devraient être le lieu privilégié de rencontre entre les lecteurs et les auteurs. En tant qu'auteur (débutante), je m'aperçois qu'il n'est pas toujours facile d'organiser une séance de dédicace en librairie indépendante alors que les espaces culturels de centres commerciaux par exemple nous accueillent à bras ouverts. Cherchez l'erreur !
Exact, cherchons l'erreur... Peut-être est-ce-là le signe de l'incapacité des librairies à s'émanciper d'un modèle socio-culturel de classe hérité avec obligation d'y céder... Bref, la bête se meure des coups de griffe et de crocs qu'elle s'inflige à elle-même.
Etranges ces commentaires de « lecteurs » qui ne semblent pas fréquenter de véritables librairies... L’avantage des librairies physiques, c’est bien justement que l’on y trouve très rarement l’ouvrage que l’on est venu chercher ! Par dépit on feuillette distraitement les rares ouvrages disponibles qui nous sont proposés - en dehors des best sellers, « prix Goncourt », derniers poches et ouvrages d’office, et bien souvent l’on repart avec un livre totalement inconnu que jamais nous aurions eu l’idée d’acheter sur Amazon, et qui parfois se révèle un honnête cru bourgeois... C’est la « serendipity » chère à Horace Walpole qu’aucun algorithme d’Amazon ne saura remplacer ! Et il ne restera plus qu’à commander sur Internet l’ouvrage que l’on recherchait initialement.
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