Le polar ne paye pas en Australie, alors il faut tuer mondialement

Clément Solym - 09.05.2011

Edition - Société - Michael - Robotham - édition


Jeune, riche, beau et auteur de polar ? En Australie, cette équation ne fonctionne pas vraiment. Michael Robotham le déplore, notez bien, mais la réalité le rattrape. Il vient de vendre « 50.000 exemplaires en Australie, et pourtant je vais faire trois, peut-être quatre fois plus en Allemagne », déplore-t-il.

Drame existentiel : un auteur qui vend moins dans son pays d’origine que dans le reste du monde. L’un des derniers grands exemples en date restera David Vann, publié aux éditions Gallmeister, qui avait vu son livre Sukkwan Island refusé outre-Atlantique, et connaître un fulgurant succès en France. Sauf que dans le cas de Robotham, le travail de l’éditeur étranger n’est pas seul responsable de la réussite du livre.


Surnommé Grand Maître des thrillers psychologiques en Hollande ou en Allemagne, il rencontre un véritable engouement du public. Pour preuve, son dernier ouvrage paru vendait encore 6000 exemplaires par semaine outre-Rhin, même six mois après la date de lancement... Rageant... Un peu...

Avec plus de 150.000 ventes au pays des kangourous, Robotham ne peut pas s’estimer malheureux. Sauf s’il s’amuse à comparer les ventes dans le reste du monde : plus d’un million d’exemplaires, principalement en Grande-Bretagne. Justement le pays dont les éditeurs ont refusé le livre : trop difficile, a-t-on considéré de vendre un ouvrage racontant la vie d’un petit village de pêcheur en Australie... Ô ironie !

Ancien journaliste dans l’un et l’autre pays, il avait travaillé comme nègre pour un bouquin qui s’était écoulé à 2 millions d’exemplaires. Et comme il le précise, ce type de boulot rapporte un tiers de tout ; avec certains à-valoir qui dépassent 1,5 million _£, impossible de rivaliser et d’espérer aboutir à de tels revenus quand on est romancier.

Alors nègre, pourquoi pas ?

Aujourd’hui, ses livres se vendent très bien, lui permettant de résider avec sa petite famille dans la ville d’Avalon. Une belle maison, avec une riche communauté artistique. « Nous avons tendance à nous connaître et nous côtoyer les uns les autres. »

Mais vivre de sa plume avec son seul pays pour lectorat, définitivement, il a fait une croix dessus...