Le porno pour mamans fait des ravages en Angleterre

Clément Solym - 20.04.2012

Edition - Economie - porno pour maman - Angleterre - livres érotiques


La romancière britannique EL James peut se frotter les mains. Son roman Fifty Shades of Grey est entré à la première place des meilleures ventes, dans les charts britanniques. Avec plus de 14.000 exemplaires vendus dans les librairies du pays, le livre fait figure de révélation. 

 

Il n'avait déjà fallu que quelques semaines pour que son ouvrage, en version numérique, connaisse un succès vertigineux. Sorti en mai 2011, il avait atteint plus de 250.000 ventes mi-mars 2012, ce qui avait provoqué la convoitise des éditeurs classiques, avec l'achat pour 1 million $ par l'éditeur Random House.

 

Pourtant, Amazon ne s'était pas vraiment vanté de ce succès commercial. Mieux : le cybermarchand avait décidé de dissimuler le résultat des ventes, pour cet ouvrage numérique vendu via la plateforme d'autoédition Kindle Direct Publishing. (voir notre actualitté)

 

 

 

« Fifty Shades of Grey, un roman érotique écrit par un auteur mystérieux qui a été décrit comme du « porno pour mère » et un Twilight pour adultes, a électrifié les femmes de tout le pays, qui ont répandu les paroles comme du gospel sur leurs pages Facebook, à la sortie des classes ou au cours de spinning », écrivait déjà le New York Times dans ses chroniques... un peu avant que la presse ne découvre que le livre avait fondé un genre à lui tout seul. 

 

Un genre devenu le porno pour maman, donc l'auteure elle-même revendiquait les influences. Elle qualifiait le livre, d'abord proposé sous la forme d'un seul ouvrage de 1200 pages, de « relecture de l'histoire d'amour de Bella et Edward, dans un Seattle contemporain, avec Bella en jeune pucelle étudiante et Edward en puissant milliardaire aux préférences sexuelles secrètes ». Et le jeune homme a des préférences pour le cuir et le latex, et pas parce qu'il s'adonne à la couture... Avec un pitch pareil, l'adaptation de Fifty Shades of Grey doit déjà pouvoir se trouver sur un site commençant comme YouTube et finissant comme pop-corn. 

 

Mais c'est bien dans ce nouveau genre inédit que le roman excelle. Pas vraiment pour son style d'ailleurs, puisque l'on s'accorde à dire qu'il n'a rien de vertigineux. Cependant, Nathan Maharaj, directeur des ventes de Kobo au Canada, ajoutait que la dématérialisation du livre « réduit les tabous qui empêchaient l'éditeur aussi bien que le lecteur d'accéder à ce domaine », et principalement parce que des couvertures trop explicites faisaient rougir de honte plutôt que de plaisir. (voir notre actualitté)

 

Des 1200 pages, James a fini par réaliser une trilogie qui a eu un succès faramineux, dépassant le record de ventes historique pour un roman érotique. C'est Anais Nin qui pour Delta of Venus avait jusqu'à lors la palme, avec 510 copies vendues en une semaine... nous étions alors en 2004. Le livre prend donc également la première place des meilleures ventes de fiction pour cette semaine... (via BBC)