Le président de Barnes & Noble rappelé à l'ordre par ses actionnaires

Clément Solym - 06.09.2012

Edition - Librairies - Barnes & Noble - Leonard Riggio - actionnaires


Pour une société, l'entrée en Bourse, les cotations, ou l'arrivée des investisseurs sont autant d'éléments associés avec expansion et opportunités de développement : pour Leonard Riggio, c'est désormais synonyme de facture bien salée. Le président devra s'acquitter d'une amende de 29 millions $ pour avoir fait acquérir par la chaîne de librairie sa propre société d'édition de manuels scolaires.

 

 

Barnes & Noble and Wreath

 (auteur : brainwise)

 

 

Si le juge a accepté l'accord proposé par Riggio lui-même, ce dernier devra régler la facture avec ses propres deniers, sans les assurances habituellement proposées par les sociétés à leurs plus hauts dirigeants. Sur les 29 millions $ qu'il doit régler, 22,75 millions seront issus de la somme qu'il devait toucher avec l'acquisition de sa maison d'édition par Barnes & Noble en 2009, et le reste proviendra de ses salaires à venir.

 

À l'époque, cet achat avait tout de même coûté la bagatelle de 596 millions $ à Barnes & Noble, rappelle Bloomberg, qui souligne que la société traverse décidément une mauvaise passe après ses dévaluations en Bourse à l'annonce des mauvaises ventes du Nook. Les actionnaires ont vilipendé le conseil d'administration, qui a autorisé Riggio, ou s'est plié devant lui, au point de le laisser dicter ses conditions et imposer ses tarifs.

 

Pam Tikellis, l'avocat des actionnaires, a souligné combien le procès avait été délicat : lui et ses collègues ont tout de même réclamé près de 11 millions $ d'honoraires, s'attirant les foudres de Barnes & Noble qui a réussi à baisser leur niveau à 7 millions $ « seulement ». Et les 29 millions $ seront réinjectés dans les comptes de l'entreprise, plutôt que d'être dispersés au vent des actionnaires.

 

Par ailleurs, la chaîne de librairies doit faire face à l'investisseur Ronald Burkle, actuellement chez Yahoo ! et l'Occidental Petroleum Company, qui tente à coup d'OPA agressives d'imposer ses propres délégués au sein du conseil d'administration de la société.

 

Chez Barnes & Noble, l'ambiance est pourrie, mais le linge sale se lave en famille...