Le président du Mexique appelé à faire régner la justice dans son pays

Cécile Mazin - 04.03.2015

Edition - International - Mexique Londres - président crimes - assassinats journalistes


Le Mexique sera l'un des invités privilégiés de la Foire de Londres 2015. À cette occasion, l'organisation English PEN, regroupant les auteurs britanniques, ainsi que le Committee to Protect Journalists, ont enjoint le président mexicain à prendre des mesures. La liberté d'expression est manifestement une denrée rare dans son pays.

 

 

 

 

Profitant de l'occasion qui se présentait, avec la visite officielle du président Peña Nieto, les deux organisations ont dégainé une lettre ouverte dénonçant un état d'urgence. L'assassinat de l'éditeur José Moisés Sánchez Cerezo, premier journaliste mexicain mort en 2015, remue une vague d'inquiétude pour cette année. 

 

Les crimes sont d'autant plus sordides qu'ils restent impunis, notent les organisations, et qu'ils ne sont en rien exceptionnels : au cours des sept dernières années, une cinquantaine de journalistes a disparu, et une dizaine sont morts depuis 2010, dans le cadre de leur activité. 

 

Les organisations parlent alors de la corruption qui gangrène l'État, et l'absence de ressources pour les forces de police qui ne seraient pas complices des criminels. La législation de 2013 qui conférait aux autorités fédérales le pouvoir de juger les crimes contre les journalistes n'a par ailleurs toujours pas été utilisée. « Pendant ce temps, le maire de Medellín de Bravo, Omar Cruz Reyes, a été accusé par l'un des complices du crime, d'avoir orchestré la mise à mort de José Moisés Sánchez Cerezo, et jouit d'une immunité en tant qu'élu », s'indignent les organisations. 

 

La violence qui sévit et l'impunité dont profitent les commanditaires de ces crimes ne peuvent plus être tolérées, concluent-elles.