OverDrive défend son business : le prêt numérique sert l'édition

Antoine Oury - 09.06.2015

Edition - Bibliothèques - OverDrive - prêt numérique - bibliothèques


La semaine passée, un programme-pilote britannique visant à évaluer l'impact du prêt numérique en bibliothèque est arrivé à son terme. Un rapport a été produit, qui souligne notamment que le prêt numérique ne génère pas de ventes de livres. Une conclusion un peu facile, tirée d'une période d'expérimentation assez courte d'un an. OverDrive, l'« Amazon des bibliothèques » et grand pourvoyeur de titres pour les établissements américains, a apporté quelques précisions.

 

Médiathèque Françoise Sagan (Paris 10e)

Médiathèque Marguerite Duras, à Paris (photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Le programme-pilote organisé par l'interprofession visait également à évaluer les effets d'un prêt numérique à distance, celui qui permet à un usager d'une bibliothèque d'emprunter directement l'ouvrage depuis chez soi. Les résultats des sondages réalisés a posteriori sont nuancés : des lecteurs déclarent qu'ils se déplaceront moins en librairie et en bibliothèque avec une telle possibilité, d'autres assurent que cela ne changera rien, ou, au contraire, les rapprochera de leur établissement...

 

Mais l'information principalement retenue par l'édition, c'est le fait que les usagers des bibliothèques ont très peu utilisé le bouton « Buy » présent dans les catalogues, lorsque le titre n'était pas disponible en prêt. Dans un post sur le blog du service, OverDrive rappelle qu'« il n'existe aucune preuve que le programme-pilote a endommagé les ventes d'ebooks. Le programme-pilote signale que très peu d'usagers ont utilisé le bouton "Buy", mais que ceux qui empruntent des ebooks achètent plus d'ebooks que les autres usagers ».

 

Évidemment, on n'attend pas vraiment d'un fournisseur d'ebooks en bibliothèques qu'il condamne le prêt numérique. Mais les précisions d'OverDrive sont plutôt bienvenues. D'autant plus qu'elles recadrent un peu le débat : qui a dit que les bibliothèques devaient se comporter comme des publicitaires, ou comme des promoteurs du circuit commercial ?

 

L'auteur de l'article, Adam Sockel, invite évidemment les éditeurs et bibliothèques britanniques à se rapprocher d'OverDrive, et rappelle justement que les résistances étaient fortes, aussi, outre-Atlantique...