Le prix du timbre rouge augmente de façon historique

Nicolas Gary - 06.10.2014

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La transition risque d'être bien plus rapide que celle des clients vers le numérique, mais surtout bien plus douloureuse, pour les éditeurs. Coutumiers des envois de programmes par voie postale, mais également des invitations à des cocktails ou autres vernissages, la hausse du prix du timbre va faire mal. Mais surtout, la distribution va prendre un peu de retard, si l'on ne s'acquitte pas de la gabelle.

 

 

 

La Poste a en effet décidé de passer ses frais pour le timbre rouge de 66 centimes à 76 centimes. 10 centimes d'augmentation, pas vraiment une folie, mais qui représente une hausse de 15,2 % – et ne fait en réalité que refléter la perte de parts de marché des courriers. Avec 6 % d'envois en moins sur l'année 2013, et une constante qui devrait s'accélérer encore les années prochaines, la Poste perd de l'argent.

 

Selon Les Échos, c'est la lettre prioritaire, livrée avec une journée de délai, qui souffre le plus : elle avait déjà perdu 19,6 % – toute une TVA ! – en 2012, et enregistrait pour 2013 24 % de recul de plus. Entre 2008 et 2013, le nombre de lettres à timbre rouge a diminué de moitié, passant de 4 à 2 milliards d'envois annuels. Gloups.

 

Donc le timbre rouge augmente, mais surtout, les tarifs augmenteront, globalement de 7 % l'année prochaine, autre record historique. 

 

La Poste veut inciter les clients à se servir du timbre vert, qui livre à J+2, et que l'on présente comme plus écologique, puisqu'il transite par les routes et non par avion. Chose amusante, que d'imaginer un courrier posté depuis le 6e arrondissement à destination du 11e, et traité par avion... Cela dit, le timbre vert passera tout de même de 61 centimes à 68 centimes.

 

Dans la chambre des députés, les parlementaires et plus spécifiquement les radicaux de gauche considèrent que cette situation est effrayante pour chacun. « Certes, le secteur postal connaît des difficultés avec la diminution du courrier expédié du fait de la concurrence des nouvelles technologies », explique Roger-Gérard Schwartzenberg.

 

Or, ce qui l'insupporte le plus, c'est que « les dirigeants de la Poste passent soigneusement sous silence le fait que La Poste a été le tout premier bénéficiaire du CICE (Crédit d'impôt compétitivité emploi) et a obtenu à ce titre 297 millions d'euros d'allégements de charges en 2013 ». 

 

De l'argent public, qui sert ensuite à faire augmenter le prix des prestations, effectivement, on pourrait avoir une dent contre l'idée.