Le procès d'Albert Uderzo contre sa fille reporté au 6 janvier

Julien Helmlinger - 03.06.2014

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Si l'on ne conteste pas ses lauriers à César, on se déchire autour de l'héritage des irréductibles Gaulois. Alors que le dernier tome de la série Astérix s'est hissé en tête des ventes de livres 2013, en à peine deux mois à dater de sa parution, le dessinateur Albert Uderzo attend toujours son procès intenté contre sa fille Sylvie et son gendre pour « violences psychologiques ». Celui-ci a été renvoyé au 6 janvier prochain, en attente de la décision de la cour d'appel de Versailles, comme le précise Sabine Boyer, présidente de la 18e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre.

 

 

 

 

La famille Uderzo est secouée de batailles judiciaires depuis 2007, année lors de laquelle Sylvie et son époux ont été remerciés par les éditions Albert René qui publient les aventures d'Astérix depuis le décès de René Goscinny intervenu en 1977. Hachette Livre a acquis la société l'année suivante, désireux de faire perdurer la série après le décès d'Albert Uderzo, ce à quoi s'oppose la fille de ce dernier. Les parts de la jeune femme auront néanmoins été cédées, pour environ 13 millions d'euros selon l'AFP, mais les enjeux restent de taille lorsqu'il s'agit de la saga la plus vendue et la plus traduite à travers le monde.

 

Comme le rappelle l'AFP, Sylvie, la fille du co-créateur de la célèbre bande dessinée, a déposé une plainte contre X courant 2011, accusant l'entourage de son père d'abus de faiblesse. Finalement, les juges d'instruction ont invoqué la « grande vivacité intellectuelle » ainsi que la « mémoire intacte » d'Albert Uderzo, justifiant l'ordonnance de non-lieu qui a été rendue. La plaignante a fait appel de cette ordonnance, qui doit être examinée ce vendredi à Versailles.

 

Le dessinateur et son épouse Ada étaient absents à l'audience de Nanterre. Fin 2013, toujours en froid avec Sylvie, ils avaient annoncé porter plainte à leur tour pour « violences psychologiques ». Ils reprochent à leur fille ainsi qu'à son mari, Bernard de Choisy, d'intenter des « procédures judiciaires qui ne reposent sur aucun fondement ». Des actions qui « ne les protègent pas, mais qui les détruisent », comme l'exprimait leur conseiller Me Jean-Alain Michel.

 

Sylvie Uderzo, confiant qu'elle cesserait toutes procédures si on lui reconnaissait un droit de regard sur le personnage, a affirmé : « Je ne revendique pas la propriété d'Astérix, mais souhaite être avec mes enfants sa gardienne morale. Je suis tombée dans la marmite depuis mon enfance, j'ai travaillé pendant 20 ans avec mon père, je suis fille unique. J'estime être tout à fait légitime pour conserver un droit de regard. »

 

Ce vendredi à Versailles, sera examinée la plainte pour abus de faiblesse. Son avocat, Me Nicolas Huc-Morel, demandera un supplément d'information. Selon le conseil, l'on saurait aujourd'hui que « l'expert comptable d'Albert Uderzo a menti ». La fille du dessinateur avait porté plainte contre lui en septembre, et annoncé : « Si nous sommes dans l'œil du cyclone d'une histoire fabriquée de toutes pièces par un entourage toxique, ma sérénité et ma détermination sont intactes. Celle de mon mari également. Je continuerai à vouloir protéger mes parents. J'ai la volonté de réussir à les retrouver le plus vite possible en ayant écarté les imposteurs. »