“Le procès d'Asli Erdogan est une farce”

Antoine Oury - 27.12.2016

Edition - International - Asli Erdogan - Asli Erdogan procès - Asli Erdogan Boersenverein


Les procès des auteures Asli Erdogan et Necmiye Alpay se dérouleront ce 29 décembre à Istanbul : elles sont toutes deux accusées de « terrorisme » et risquent la prison à vie. La communauté internationale a dénoncé à plusieurs reprises l'oppression que subissent les deux femmes, motivée par des raisons politiques.

 

Asli Erdogan

 

 

Le Boersenverein, association des éditeurs et des libraires allemands, s'est particulièrement investi dans la mobilisation pour la libération d'Asli Erdogan, notamment avec l'organisation d'une veillée devant le Parlement européen. Sans succès pour le moment, malheureusement. À quelques jours du procès de l'auteure turque, l'organisation renouvelle son appel à sa libération — sans citer le nom de Necmiye Alpay, une traductrice elle aussi emprisonnée par le régime du président turc Erdogan.

 

« Le procès d'Asli Erdogan est une farce, les accusations portées contre elle sont infondées et manquent de tout fondement juridique, ce que nous ont confirmé des avocats turcs », souligne Alexander Skipis, le directeur exécutif du Boerseverein. « L'objectif n'est pas de punir un crime, mais de faire taire une voix critique », ajoute-t-il.

 

« Nous demandons que les accusations portées contre Asli Erdogan et de nombreux autres écrivains et journalistes soient abandonnées. Nous demandons également au gouvernement et à la Commission européenne de revendiquer avec force, enfin, la liberté d'expression en Turquie et dans tous les autres pays sans compromis. » Le message du Boersenverein s'inscrit dans l'initiative #FreeTheWords présentée au Salon du Livre de Francfort, une alliance pour défendre la liberté d'expression.

 

Les deux femmes avaient été temporairement libérées, avant d’être de nouveau incarcérées, le 23 novembre dernier, avec l'ajout de ce nouveau chef d'inculpation. 18 experts, juges et spécialistes du droit ont estimé que l'emprisonnement d'Asli Erdogan avant son procès constituait une violation de la Constitution turque et de la Convention européenne des Droits de l'Homme.

 

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Malgré quelques annonces publiques, les dirigeants européens peinent à imposer leur volonté au président turc : Erdogan a en effet menacé à plusieurs reprises d'ouvrir les frontières turques avec l'Europe au passage de 2,7 millions de réfugiés syriens qui sont actuellement en Turquie. Un argument qui fait mouche auprès des responsables européens.