La livraison, souci de chaque instant pour Amazon

Nicolas Gary - 17.06.2015

Edition - Economie - Amazon - livraison - voiture


Pour assurer un service de livraison toujours plus efficace, Amazon va solliciter les citoyens, et leurs véhicules. En plus des drones, bientôt en mesure de se déplacer à travers les cieux pour des livraisons expresses façon cigognes, les citoyens seront prochainement mis à contribution. Le service On My Way devrait faire son apparition prochainement.

 

Smile! You've Got a Package from Amazon!

(Silus Grok, CC BY-SA 2.0)

 

On connaissait les vélos de la firme, fardés de l’infatigable sourire, qui avait été devancé à Los Angeles et San Francisco, fin novembre 2014, d’une livraison opérée par les taxis locaux. Toujours innover, et ne jamais rester immobile, tout cela est bel et bon. Mais en cette période de Uber – dont Jeff Bezos est actionnaire à titre personnel, tiens donc –, le crowdsourcing incarne la valeur montante. 

 

Embaucher le grand public, et lui confier des colis à livrer en temps et heure, voilà qui a bien quelque chose du Uber power. Ces chauffeurs-livreurs improvisés au débotté profiteront évidemment aux comptes de la société : après que les coûts d’expédition ont augmenté de 31 % l’année passée, la firme, comme toutes les autres, cherche des solutions efficaces. 

 

Chaque jour, Amazon expédie 3,5 millions de colis : à raison de quelques dollars économisés pour chacun, voilà largement de quoi rendre à la société des résultats plus favorables. Entre 2013 et 2014, les frais d’envois sont passés de 2,07 milliards $ à 8,7 milliards, représentant 9,8 % des ventes, contre 8,9 % l’année précédente.

 

 Pourtant, ce modèle déjà expérimenté chez Uber, plus naturellement, pourrait apporter plus que des économies d’échelle. Bien entendu, la question du vol des colis est ouvertement posée : qu’est-ce qui empêcherait le livreur de s’emparer du bien ? Fort logiquement, on imagine que des mesures de sécurité ont été conçues, pour y remédier.

 

Toutefois, en matière de vol, aucun modèle n’est à l’abri, pas même Amazon, dont l’une des boutiques physiques a été victime d’un cambriolage. Le mois dernier, le magasin qui n’en est pas vraiment un a été pillé, les voleurs considérant certainement que, situé en plein milieu d’une université (Purdue), il contiendrait du liquide. En réalité, le coupable a été rapidement identifié : il s’agissait du parent de l’une des employées... (via JC Online)

 

En outre, ce modèle apporterait surtout de l’air au revendeur, qui avait subi des vagues de problèmes d’expédition lors des vacances de 2013. Les compensations à fournir aux clients qui ne reçurent par leur paquet en temps et heure furent significatives pour le marchand. (va Wall Street Journal)

 

Voilà qui ramène à des pratiques primordiales chez les vendeurs en ligne, qui doivent prendre en compte les nouvelles habitudes des consommateurs. Un sondage OpinionWay présenté par LSA faisait état de ce que 75 %, des Français voient dans l’achat en ligne un gain de temps. En revanche, la livraison laisse tout un chacun mitigé : non seulement les Français sont divisés sur la pertinence de la livraison, mais surtout, ils sont 81 % à considérer qu’elle occasionnera des « prises de tête ».

 

Au rang des tracasseries les plus régulières, le créneau horaire, non spécifié, ou si spécifié, non respecté, et par conséquent, le livreur ou l’expéditeur qui sont injoignables, et ainsi de suite.