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Le prochain livre de Rowling parle d'échec, d'imagination et d'empathie

Cécile Mazin - 04.08.2017

Edition - Les maisons - Rowling Harvard discours - existence conseils avenir - discours Harvard diplomes


Est-il vraiment étonnant que JK Rowling nous vante les avantages et vertus de l’échec, et l’importance cruciale de l’imagination, en ce qu’elle est un vecteur d’empathie ? Le prochain livre qui paraîtra en France est probablement à lire comme une théorie pour mieux aborder les aventures de son petit sorcier, Harry Potter. 



Jon Chase/Harvard Staff Photographer

 

 

Le 15 novembre prochain sortira aux éditions Grasset la traduction du livre publié par Little, Brown en avril 2015. Il s’agit d’un discours que Rowling avait été invitée à prononcer lors de la remise des diplômes aux étudiants de Harvard en 2008. JK Rowling a transformé ce rite de passage d’ordinaire convenu en une leçon de vie, conduisant son auditoire de l’époque, et tous les lecteurs futurs de ce livre, à méditer sur ce qu’est une vie réussie.

 

Ce texte inspiré aidera chaque lecteur, à chaque âge et à chaque étape de la vie. Il puise directement aux sources de l’expérience de l’auteure elle-même dans ses jeunes années pour tirer avec acuité, ironie et émotion des leçons générales que tout individu à la croisée des chemins, confrontés à des choix vitaux, appliquera à sa propre expérience.

 

L’auteure révèle finalement les bienfaits insoupçonnés de l’échec et l’importance de l’imagination.

 

L’échec, elle l’a connu au cours de la période la plus noire de son existence. Sept ans après avoir obtenu un diplôme, elle s’est retrouvée mère célibataire, divorcée, sans métier ni argent. « Aussi pauvre qu’il est possible de l’être dans l’Angleterre contemporaine, sans être SDF », expliquait-elle. 

 

Un tunnel donc elle ne parvenait pas à voir la fin, mais qui a participé à forger sa détermination à prendre sa vie en main et rebâtir son existence avec « une grande idée et une vieille machine à écrire ». Et d’assuré que celui qui vit trop prudemment pour s’épargner l’échec finira en vérité par connaître l’échec par défaut.

 

Quant à l’imagination, elle n’y lit pas qu’une seule faculté créative, mais plutôt un pouvoir empathique, celui qui nous lie aux autres, notamment « les damnés de la Terre ». Pour elle, l’humilité et la capacité d’imaginer la souffrance de l’autre offrent cette connexion avec autrui. L’empathie vient de ce lien spécifique, sans lequel il n’est pas de bonne vie possible.

 

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Rowling parle d’« agoraphobie mentale », qui semble entretenir une certaine complicité avec le Mal. « Vous êtes responsables du monde qui vous entoure, vous êtes une super-élite : c’est votre privilège, c’est aussi votre fardeau », concluait l’auteure au cours de son discours.



 

Et de rappeler aux jeunes privilégiés que « votre CV n’est pas votre vie ». Comment ne pas y voir un vade-mecum de sagesse compilé : « I wish you all very good lives », concluait-elle. L’ouvrage originel avait été illustré par Joel Holland. 

 

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On peut retrouver l’intégralité du discours dans la vidéo ci-dessous.

 

 

 

(à paraître le 15/11) Very Good Lives : La meilleure des vies – JK Rowling, trad. Pierre Demarty – Éditions Grasset – 9782246815051 – 12 €