Le prof qui gifle : le Zidane des salles de classe ?

Clément Solym - 07.02.2008

Edition - Société - gifle - enseignant - autorité


L'affaire de la gifle que le professeur de technologie avait administrée, sans respecter manifestement la posologie, entraîne des commentaires de toutes parts. Charles Hadji, professeur émérite au laboratoire des sciences de l’éducation de l’université Grenoble-II, a ainsi ajouté sa pierre à l'édifice.

Une correction inégale

Analysant la situation, il reconnaît la difficulté accrue du métier, et voit dans ce geste toute la complexité de la relation entre l'enseignant et l'élève. Une difficulté qui dépend du degré d'enseignement et du public, évidemment. L'autorité remise en question, et la médiatisation excessive ont créé un effet boule de neige autour de cette histoire.

Lieu commun ou image d'Épinal, M. Hadji estime que si « l’école laisse toujours croire qu’elle est une chance de développement pour tous [...] certains se rendent compte que non, qu’elle est par exemple impuissante face à la paupérisation ».

En fait le professeur a eu un comportement à la Zidane :
«Tu insultes ma sœur, je te mets un coup de boule.»
Charles Hadji

Mais cette gifle est avant tout « un échec pour l’enseignant », non pas un acte d'autorité. On conserve cette dernière tant que l'on ne s'en sert pas, en somme... Car la violence de ce geste témoigne de l'exercice d'un pouvoir qui fait perdre, paradoxalement l'autorité. Or, les élèves « sont passés maîtres dans l’art de l’escalade. Ils commettent une incivilité qui n’est pas une infraction — insulter, comme a fait cet élève, ne relève pas du pénal, mais perturbe fortement la vie de la classe ».

Le professeur : un animal à sang froid, par obligation ?

« C’est une perte de sang-froid qui n’est pas excusable, mais qui ne mérite pas une garde à vue de 24 heures ! », ajoute-t-il. Et de conclure : « Là il y a eu un double manque de respect, de l’élève envers le professeur, du professeur envers l’élève. Je milite pour ce travail de formation pédagogique auprès des enseignants. »

Pour sa part, le premier ministre expliquait sur RMC qu'« il n'est pas acceptable qu'un élève traite un enseignant de connard, c'est une faute qui mériterait semble-t-il une sanction plus sérieuse que celle qui a été prise, et donc oui, je soutiens cet enseignant ».

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