Le projet présidentiel de Bruno Le Maire pour la culture

Nicolas Gary - 22.09.2016

Edition - Société - Bruno Le Maire présidentielle - contrat président Lemaire - éditeurs culture livre


Le week-end dernier, Bruno Le Maire a présenté son contrat présidentiel. 1000 pages de propositions, de modalités et de financements, aujourd’hui diffusé. « Au sein de ce projet, la culture prend une place particulière », précise-t-on. Et l’édition, une place à part.

 

Meeting Sens Commun - 15 Novembre 2014

Sens commun, CC BY ND 2.0

 

 

Si la culture doit être « un facteur d’unité et de fierté nationales », indique Bruno Le Maire, « la politique culturelle de l’État ne doit pas être idéologique ni clivante, elle doit viser à soutenir la création et à favoriser la croissance, dans l’excellence et auprès de tous les tissus sociaux, de cette économie culturelle ». 

 

Or, dans le domaine du livre, plusieurs idées sont exposées. Ainsi, il s’agit notamment d’accompagner les acteurs culturels dans la révolution numérique, pour fluidifier « la circulation des œuvres et des idées ». Et ce, en remédiant par ailleurs à ce que le numérique puisse nuire « gravement à la juste rémunération des artistes, la protection de la propriété intellectuelle et la rentabilité des producteurs, éditeurs ou distributeurs ».

 

Dans les grands axes, notons donc le « plan national de numérisation des collections », qui doit participer à un rééquilibrage de l’offre culturelle sur l’ensemble du territoire français. Un objectif qui passera notamment par le financement participatif. 

 

Au cours du quinquennat, 3,75 millions d’œuvres supplémentaires seront ainsi numérisées. Le plan de numérisation se fera à partir des collections et monuments appartenant à l’État, aux collectivités territoriales ou à des personnes privées. Un appel d’offres privilégiant les initiatives françaises et européennes sera lancé, en lien étroit avec le projet Europeana qui fédère déjà l’Allemagne et la France autour de 53 millions de documents.

Il s’agira d’agréger les images les plus pertinentes du patrimoine national avec des guides méthodologiques et des appareils critiques destinés aux différents modes d’utilisation et de donner ainsi au projet Europeana une dimension qu’il n’a pas aujourd’hui. La principale difficulté ne réside pas tant dans l’accumulation d’images ou de documents que dans leur accessibilité, leur référencement rapide et leur diffusion auprès d’un large public. 

 

Ce projet aura un coût de 257 millions € : l’autofinancement sera doublé par des fonds européens et privés. 

 

Plus en lien avec l’avenir, l’enfance et l’éducation artistique et culturelle feront partie d’un engagement spécifique, en tant que « priorité assumée de la politique culturelle » – une sorte de plan Landowski comme à l’époque d’André Malraux.

 

Pour l’école, les 2 heures de musique et arts plastiques seront remplacées par 1 h d’histoire des arts, et 1 heure minimum de pratique d’une activité artistique ou culturelle. Si l’on comprend bien que le Labo des histoires aurait toute sa place dans ce projet, il n’est nullement évoqué que l’apprentissage de l’écriture fasse partie des propositions. 

 

Le livre, la lecture, et la chaîne

 

Dans les 1000 pages du projet présidentiel, les éléments strictement liés à l’industrie de l’édition ne sont pas présents – problème de place, nous assure-t-on. La première industrie culturelle a également son propre mode de fonctionnement, et s’avère être, malgré tout, la moins subventionnée de France.

 

Les enjeux liés à l'édition devraient faire l'objet de nouvelles communications dans les prochaines semaines, nous assure-t-on.

 

« Bruno Le Maire a totalement conscience de la paupérisation des auteurs, et souhaite agir contre cette situation. Il en a déjà fait part en public », nous précise l’entourage du candidat. « Il est lui-même auteur, et ne fait pas partie de ceux qui signent leurs ouvrages sans les écrire. Ses livres, c’est son style. »

 

Et dans les milieux autorisés, on se souvient que Bruno Le Maire fut la plume de Dominique de Villepin – dont un certain discours à l’ONU contre l'intervention de la France en Irak avait fait sensation.