Le Québec au Congrès de l'ABF : “Les livres sont nos meilleurs ambassadeurs”

Nicolas Gary - 13.06.2017

Edition - Bibliothèques - livres Québec bibliothèques - marché français Québec - éditeurs québécois ABF


Le projet a débuté voilà deux ans, que de rapprocher les éditeurs du Québec des bibliothécaires de France. Le Congrès de l’ABF devenait alors une opportunité idéale pour favoriser les rencontres entre professionnels. Pour sa 63e édition, les éditeurs du Québec sont invités d’honneur – ainsi que ceux de Colombie. 


Espace Québec
Stand du Québec au salon du livre de Genève - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

À peine remises des réjouissances du Salon du livre de Genève, l’Association nationale des éditeurs de livres revient donc à Paris. « Nous travaillons à une sensibilisation de tous les acteurs du livre en France et au sein de l’Europe francophone », assure Richard Prieur, directeur général de l’ANEL. 

 

Avec 23 éditeurs officiellement inscrits pour prendre part au Congrès de l’ABF, la délégation proposera un stand, avec la Librairie du Québec (basée à Paris). Cette dernière travaille déjà avec des bibliothèques françaises, pour alimenter en ouvrages québécois, mais rien ne vaut le plaisir de rencontrer des professionnels.

 

Tisser des liens plus étroits avec les bibliothèques
 

Le Congrès, en marge des conférences et ateliers, offre en effet un espace salon, où des sociétés prestataires viennent présenter leurs produits. Sylvain Neault, chargé de mission pour l’ANEL, précise : « Les principaux fournisseurs des bibliothèques sont également présents, avant tout pour rencontrer leurs clients, et en démarcher de nouveaux. Mais sans livres, évidemment. Nous allons nous présenter une sélection de littérature et de jeunesse, principalement, ainsi qu’en sciences humaines. Chaque maison exposera ainsi une vingtaine de titres de son catalogue. » 

 

L’intérêt pour les éditeurs du Québec devient évident, insiste Richard Prieur : « Nous sommes toujours confrontés au problème simple : comment créer une demande, et par la suite, comment approvisionner les acheteurs potentiels. La librairie du Québec à Paris remplit le rôle de distribution pour certains des éditeurs. D’autres maisons passent par des distributeurs français. Mais reste alors à faire connaître nos livres. »

 

Les bibliothécaires pourraient alors devenir cette porte d’entrée – reconnaissant plus que jamais l’importance du métier dans la recommandation de lectures auprès du public. « Les éditeurs viennent moins pour vendre des livres que pour tisser des liens avec les responsables des établissements de prêt : dans l’idéal, il sera à l’avenir possible de signaler en amont la venue d’auteurs québécois, et d’organiser des rencontres dans les bibliothèques », indique Sylvain Neault.

 

Pour ce faire, « les livres sont les meilleurs ambassadeurs pour le Québec », et deux expositions présentées durant le Congrès renforceront cette présence. « Nous cherchons à capter l’attention, mais pas uniquement des responsables des achats. » Plusieurs interventions d’éditeurs sont programmées, ainsi qu’une conférence d’Éric Dupont, auteur québécois, qui sera au cœur de la première rencontre du 15 juin. 

 

« Les bibliothèques peuvent faire évoluer la situation pour les livres québécois en France. Et l’Anel poursuivra cette démarche avec le fellowship organisé dans le cadre du salon de Montréal, où des libraires européens francophones seront invités », rappelle Richard Prieur. 

 

Ouvrir le marché français

 

Avec le Congrès de l’ABF, les éditeurs espèrent aussi pouvoir faire remontrer des informations sur la perception que le public français peut avoir de leur production. « Nous sommes évidemment à la recherche de données qui nous permettront de mieux pénétrer le marché français – à travers le réseau des bibliothèques, et des libraires. Trouver une place n’est pas simple en France. »

 

Pour graver dans le marbre cette présence, la revue Collections que publie l’Anel propose un numéro spécial, consacré à l’édition québécoise. « Nous y réuni des informations sur les genres, les maisons, les auteurs, pour brosser un tableau global. » En parallèle, la revue Bibliothèques de l’ABF propose un dossier d’une cinquantaine de pages sur le Québec, essentiellement composé d’articles de bibliothécaires québécois, qui relatent leur quotidien et leurs propres problématiques.

 

Les rendez-vous ne manqueront pas, d’ici la fin de l’année, et les éditeurs du Québec entendent bien profiter de la moindre occasion. « La France à Francfort sera une belle occasion pour rayonner dans l’édition internationale, et plus localement, le salon de Montreuil, pour nos éditeurs jeunesse. »