Le rapport 2012 de l'ALA s'inquiète de la censure

Clément Solym - 11.04.2012

Edition - Bibliothèques - bibliothèques - livres numériques - prêt de livres


Nate Hoffelder fait part sur The Digital Reader ses doutes sur le dernier rapport de l'ALA pour l'activité des bibliothèques en 2011. Il compare ainsi les chiffres du prêt d'ebooks en bibliothèques en 2011 et ceux du dernier rapport publié le 9 avril 2012.

 

Et force est de constater que 72 % des bibliothèques prêtaient des ebooks en 2011, contre 67 % rapportés dans la dernière étude.Dans le tout dernier rapport, exploitant les données de 2011, il est ainsi mentionné « La proportion des bibliothèques américaines qui mettent à disposition des ebooks a pratiquement doublé au cours des cinq dernières années, passant de 38,3 % en 2007 à 67,2 % en 2011 ».

 

Cette baisse n'est pas expliquée par l'ALA, qui se serait procuré les chiffres du Library Journal sans les mettre en perspective, selon Nate Hoffelder. Ce dernier affirme par ailleurs que l'ALA se serait servi, pour son rapport 2012, de données vieilles de 18 mois, ce qui tendrait à prouver selon lui que l'Association ne saurait pas grand-chose sur le prêt d'ebooks en bibliothèques au-delà de l'automne 2010.

 

 

Les bibliothèques américaines face à la censure

 

Dans son communiqué, l'ALA revient quant à elle sur le bras de fer qui l'oppose aux éditeurs (voir notre actualitté).

 

« La croissance rapide des ebooks a stimulé une demande grandissante en bibliothèques, mais les bibliothèques ont seulement un accès limité aux ebooks en raison de restrictions concernant leur usage mises en place par les éditeurs. Macmillan Publishing, Simon & Schuster et Hachette Book Group ont refusé de vendre des ebooks aux bibliothèques. HarperCollins a imposé une licence arbitraire autorisant 26 emprunts par ebooks, et Penguin refuse de laisser les bibliothèques proposer ses nouveaux titres. Quand Random House a augmenté ses prix, l'ALA l'a pressé de reconsidérer cette décision ».

 

Entre les politiques des éditeurs et les coupes budgétaires, le rapport dépeint un tableau assez sombre pour l'activité des bibliothèques. Le communiqué de l'American Livrary Association pour l'année 2012 établit par ailleurs une liste de livres « menacés » par la censure, c'est-à-dire ayant le plus souvent fait l'objet d'une plainte déposée en bibliothèques pour que l'ouvrage soit retiré du prêt. Ces plaintes ont été rapportées à l'Office a Intelectual Freedom, organe de l'ALA.

 

Parmi les dix ouvrages les plus souvent jugés choquants se trouvent la série Couleur Terre, de Kim Dong Hwa (pour la présence de scènes de nudité, éducation sexuelle, allusions sexuelles explicites, l'ouvrage ne serait pas adapté à une certaine classe d'âge), The Hunger Games, de Suzanne Collins (allusions contre la famille, insensibilité, langage outrancier, présence d'éléments occultes ou sataniques, ou violents) ou encore Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, de Harper Lee (pour langage outrageant ou racisme).