Le reclassement des salariés Fnac, une “responsabilité sociale”

Nicolas Gary - 23.07.2016

Edition - Société - Fnac reclassement employés - Fnac Darty rachat - sociétés distribution vente


La validation sous réserve du rachat de Darty par Fnac, impliquait la revente de six magasins de l’enseigne culturelle. L’autorité de la concurrence avait rendu son verdict, à cette condition sine qua non pour les boutiques franciliennes. Le syndicat CGT est rapidement intervenu pour demander à la direction un reclassement interne des salariés de Fnac. Dans son communiqué, la CGT invoque la « responsabilité sociale » du PDG de l’enseigne.

 

Alexandre Bompard - Prix BD Fnac 2016

Alexandre Bompard - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

On en arrive à la dernière ligne droite dans le rapprochement de Darty et Fnac. Après les conclusions de l’Autorité de la concurrence, rendues ce 18 juillet, l’acquisition est donc validée sous une réserve.

 

En effet, « l’Autorité considère que les alternatives offertes au consommateur ne sont pas suffisantes pour garantir une concurrence effective par les prix et la qualité de services. [...La] nouvelle entité disposerait d’un pouvoir de marché important qui ne serait pas suffisamment contraint par la concurrence des autres enseignes. [... Les] magasins concernés ne [seraient] plus incités à pratiquer des baisses de prix ou des promotions ponctuelles, susceptibles d’animer la concurrence locale ».

 

5 Darty et 1 Fnac = beaucoup de salariés

 

La messe étant dite, reste donc à savoir ce qu’il adviendra des salariés des six établissements – la Fnac Beaugrenelle et cinq Darty. Il faut rappeler qu’initialement, rappelle la CGT, les observateurs estimaient qu’entre 20 et 40 établissements étaient mis sur la sellette en vue de cette acquisition. 

 

Concernant la Fnac Beaugrenelle, spécifiquement, le syndicat demande que soit effectué un reclassement en interne, pour les 68 personnes concernées. Car si l’on parle de revente du magasin, les actuels employés se retrouveraient sans poste. Pour la CGT, la cession s’apparenterait à « une fermeture effective d’un établissement ». De la sorte, elle doit être considérée « comme telle au regard des conséquences sur les emplois des salariés ». 

 

Et de pointer par ailleurs la « multiplication des décisions prises par les pouvoirs publics en faveur des intérêts personnels d’Alexandre Bompard, PDG du Groupe Fnac [qui] interroge sur la nature et l’absence de limites à son pouvoir ». Fort de ces conclusions, le syndicat souligne l’importance de la « responsabilité sociale » du PDG de Fnac qui « n’en est que plus engagée vis-à-vis des salarié.e.s dont l’emploi est aujourd’hui menacé par la fermeture de leurs magasins ». 

 

Voià dix jours, l’intersyndicale réunissant FO, Fnac Sud et la CGT avait de nouveau manifesté son opposition au travail dominical, dont Alexandre Bompard avait fait l’un de ses chevaux de bataille dans la lutte contre Amazon. 

 

Le 8 juillet les trois syndicats avaient exercé leur droit d’opposition. « D’un point de vue sociétal, contrairement à la convention 106 de l’OIT, la remise en cause du seul jour de repos commun et l’extension possible des horaires de travail jusqu’à minuit sont un recul social majeur aux multiples conséquences pour des salariés déjà soumis à une importante flexibilité horaire, et sur la société », arguaient-ils.