Le rectorat s'apprête à licencier une enseignante de 62 ans

Clément Solym - 20.05.2008

Edition - Société - licenciement - enseignante - insuffisance


Elle a d'abord été secrétaire puis maître auxiliaire avant d'être titularisée enseignante de lettres et histoire en 1999 au Lycée Arthur-Rimbaud (à la Courneuve). Et pourtant, le rectorat envisage chose rare de la révoquer.

Des rapports qui mettent en évidence une « insuffisance professionnelle »

Laurent Petrynka, le directeur de cabinet du recteur a expliqué à l'AFP que « La procédure de révocation est en cours après quatre rapports d'inspection concluants à une insuffisance professionnelle ». L'enseignante a été entendue lors du Conseil de discipline du rectorat. A l'issue de celui-ci les avis été partagé. Un professeur y ayant assisté révèle que 9 voix étaient contre son licenciement et 9 autres pour. Les délibérations ont été transmises au rectorat qui a décidé d'entamer la procédure.

Le ministre décidera du sort de l'enseignante

Pour autant, Thérèse Cherifi n'en est pas encore à vider son casier puisque l'ultime décision revient au ministre. « surprise qu'on [la] licencie au bout de 21 ans de service » et affirme que « Ce qu'on m'a reproché, on peut le reprocher à beaucoup d'enseignants ». Pour être plus précis, et toujours selon les dires d'un des participants du conseil disciplinaire, les reproches qui lui sont faits « portaient sur sa gestion de la classe et jugeaient également le contenu des cours trop indigents ».

Un soutien appréciable


Une grève a été menée vendredi dernier par ses collègues, et ils doivent se réunir aujourd'hui pour envisager d'autres mouvements. Les syndicats CGT, Snes et FO ne sont pas non plus en reste. Ils qualifient le licenciement d’« injuste et scandaleux » et assurent qu'il est « avant tout basé sur des considérations économiques ».

Reclassement ou licenciement ?

Ils estiment que le rectorat aurait dû essayer de la reclasser avant d'envisager de la licencier, ce à quoi Laurent Petrynka réplique par « Le rectorat reclasse beaucoup de personnes déclarées inaptes sur le plan médical ou psychologique mais elle n'entre pas dans cette catégorie », affirmant de plus que l'Éducation nationale n'est en aucune façon tenue de procéder à des reclassements. Une affaire qui pourrait prendre valeur d'exemple puisqu'une des mesures conseillées par le Livre Blanc sur la fonction publique (depuis le 17 avril dans les mains du gouvernement) était d'intensifier les évaluations en vue « d'identifier les agents insuffisants de façon répétée » et s'il le faut les licencier.