Le retour des livres papier dans le coeur des lecteurs

Clément Solym - 19.01.2015

Edition - Librairies - librairies livres papier - imprimé ebook - ventes croissance


C'est devenu un constat universel : le livre papier a connu un bel engouement durant les fêtes de fin d'année. Partout où le format numérique grappillait des parts de marché – les territoires anglo-saxons majoritairement –, les libraires indépendants assurent que le monde n'a pas encore changé totalement au profit de l'ebook. 

 

Paper Creatures

Randy Robertson, CC BY 2.0 

 

 

La chaîne britannique Waterstone's avait fait part de la tendance : James Daunt, qui travaille en partenariat avec Amazon pour fournir des fichiers Kindle à ses clients, l'assurait début janvier : « Les ebooks ont développé une part de marché, bien sûr, mais tout à porte à croire – et certainement, si l'on regarde l'Amérique – que cette part est déjà en déclin. Les indicateurs pointent qu'il en sera exactement de même pour le marché britannique. »

 

Du côté de l'Australie, Joel Becker, directeur de l'Australian Booksellers Association assure également que les prévisions portant sur la mort du livre papier sont exagérément dramatiques. Et l'industrie aura à vivre avec les deux formats. C'est que la fermeture des chaînes Borders et Angus and Robertsons ont fait fondre le paysage de vente du pays : voilà quatre ans, 20 % des lieux de vente ont disparu. Mais les choses s'améliorent manifestement.

 

« Les ebooks seront toujours là, mais ils ne représentent pas la mort des livres », assure Becker. Selon lui, il faut remettre en perspective tout cela, en se remémorant que la mort du théâtre était annoncée avec le cinéma, tout comme la télévision tuerait l'industrie du film. « Ce sont des ajustements du marché qui doivent être opérés. » 

 

En Australie, le nombre de livres imprimés vendus est en hausse, selon les données de vente de Nielsen BookScan, avec 55,4 millions de livres papier achetés. Une croissance de 2,2 % par rapport à 2013, mais surtout, la première année de croissance depuis 2009. 

 

Obtenir des données de ventes numériques reste très complexe : Big W, qui appartient à Woolworths, assure que le pays assiste bien à un retour au papier, constaté au niveau mondial. Un autre libraire de la banlieue de Sidney, Jon Page, travaille avec Kobo : selon lui, les ventes ont progressé de 3 % pour le papier, alors qu'il assistait à une diminution depuis 2010. 

 

« Avec les ebooks et les ereaders, il y a eu un pic fou au cours de ces dernières années, qui a fait peur aux détaillants. Maintenant, le livre numérique a 20 % du marché, et je pense qu'il en sera ainsi : il y a une certaine stabilité. » Et d'insister sur le fait que les appareils, eux-mêmes, n'ont pas connu un taux de renouvellement très important. 

 

Aux États-Unis, la tendance était la même : Nielsen BookScan affirme que les ventes de livres imprimés sont en hausse de 2,4 % sur l'année passée, avec plus de 635 millions de livres vendus. La preuve d'un retour vers les ouvrages papier, assure la presse, qui s'enthousiasme évidemment de ce renouveau. Avec plus d'un quart du chiffre d'affaires de l'édition américaine, le livre numérique stagnerait – ou du moins, a vu sa croissance très ralentie, en regard des années passées.