Le roman brûlant de Pachauri échauffe les environnementalistes

Clément Solym - 09.02.2010

Edition - Société - roman - érotique - pachauri


Le patron du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat), Rajendra Pachauri se trouve actuellement en plein dans l'oeil du cyclone. On se souviendra que certains rapports du GIEC avaient été critiqués car ils avançaient des propos non prouvés scientifiquement comme la fonte des glaciers de l'Himalaya d'ici à 2035. Les erreurs avaient été corrigées mais la polémique était lancée.

Aujourd'hui, c'est avec un roman que Rajendra Pachauri fait monter et la température et la pression. En effet, Retour à Almora est un ouvrage quelque peu érotique, où se rejoignent des épisodes autobiographiques (le personnage principal est ingénieur spécialisé dans le climat et évoque la fonte des glaciers de l'Himalaya, par exemple) et des histoires de réincarnation.

On pourrait sourire à l'idée qu'un expert de l'ONU sur le réchauffement climatique s'amuse à faire monter la chaleur avec des écrits érotiques, seulement le roman a aussi fait monter la pression.

En effet, il a été édité par Mukesh Ambani qui est le riche patron de Reliance Industries une société gazière et pétrolière. De plus, selon le Times, la filière indienne de la société BP aurait subventionné la soirée de lancement du livre. Évidemment, on pourrait se demander s'il n'y a pas conflit d'intérêts. Une source proche de Pachauri et d'Ambani aurait expliqué au Times que ce n'est nullement le cas, les deux hommes seraient amis et Ambani aurait souhaité par ce roman mettre en lumière la question du réchauffement climatique, soit.

La société TERI dirigée par Rajendra Pachauri est spécialisée dans le développement durable, conseillère du gouvernement indien en la matière et de nombreuses compagnies. Elle délivre aussi un prix d'excellence à des sociétés qui agissent pour l'environnement. Or, selon le Times toujours, Reliance Industries serait proche de TERI et aurait reçu un prix d'excellence. D'autre part la BP serait un gros sponsor de la TERI. Pour finir, cette dernière ne rend pas ses comptes publics.

Bref, l'arrivée de ce livre brûlant échauffe les esprits et la polémique s'enflamme à nouveau. Les activistes environnementaux, quant à eux, estiment que Rajendra Pachauri ferait bien de mettre des délimitations claires entre ses activités pour le GIEC, son activité avec TERI, ses intérêts personnels et ses sponsors.