Le roman graphique de Nicolas Otero sur Kurt Cobain publié aux États-Unis

Joséphine Leroy - 21.04.2016

Edition - International - Kurt Cobain bande dessinée - Kurt Cobain Nicolas Otero - Kurt Cobain roman graphique


Il est temps de ressortir nos jeans Levi's déchirés. Il y a un an, l’auteur Nicolas Otero avait  repris, sous forme graphique, Le roman de Boddah d’Heloïse Guay de Bellissen, publié aux éditions Fayard et paru en 2013. Son adaptation graphique avait été publiée chez Glénat. La traduction américaine sera publiée d'ici octobre par la maison IDW Publishers, spécialisée dans les comics et les romans graphiques. Des années après son suicide, le leader du groupe grunge Nirvana fascine toujours. Spéculations sur sa mort, adaptation de bribes de textes écrites par l’icône, tout ce qui le concerne suscite la passion. 

 

 

 

Dans Le roman de Boddah, le personnage de Kurt Cobain ne s’est jamais détaché de son ami imaginaire. Ce double l’accompagne partout, de sa rencontre avec la sulfureuse Courtney Love, en passant par le mariage et les tournées mondiales, lieux de tous les vices. Boddah est cette petite voix qui chuchote à Kurt Cobain de se ressaisir. Boddah conduit le récit, tout est vu sous son prisme. 

 

Héloïse Guay de Bellissen est une ancienne libraire devenue auteure de livres aux sujets aussi différents que le slam ou Spinoza. Le roman de Boddah est son premier roman. Deux ans après la publication de ce roman, Nicolas Otero l’avait adapté en roman graphique sous le même titre chez Glénat. Avec un retentissement international puisque la bonne réputation du roman graphique est arrivée jusqu’aux États-Unis. 

 

Dans le communiqué de presse, la maison d’édition décrit l'ouvrage : « À travers les yeux de Boddah, les lecteurs assistent du premier rang aux fluctuations d’une des voix les plus influentes de la musique. Nirvana avait soufflé un vent nouveau sur le monde, je les avais découverts au lycée, juste avant d’obtenir mon diplôme. En 1993, je les avais vus jouer à Halloween, Kurt était habillé en Barney le dinosaure », se remémore l’éditeur Justin Eisinger. « Mais je ne savais pas pour Boddah. Je n’avais jamais vraiment pensé à cette autre vie mystique de Kurt. Ce qu’a fait Nicolas Otera est impressionnant. […] Il montre une tout autre perspective de sa vie et de ses actes […]. Après tout, que savons-nous de nos héros ? » 

 

Le Club des 27 est décidément une source d’inspiration pour les auteurs de romans graphiques. Il y a quelque temps, une série « Le Club des 27 » a même été créée par des Français. Le tome 1, dessiné par Javi Fernandez et scénarisé par Christophe Goffette et Patrick Eudeline, revenait sur le parcours tortueux de la regrettée Amy Winehouse. Il était paru en 2012 aux éditions Jungle. 

 

Autre signe de la fascination ambiante : les adaptations, au cinéma, de journaux intimes ou de biographies. En 2005, Gus Van Sant avait sorti Last Days. Le réalisateur jouait sciemment sur la gémellité entre son personnage principal — Blake — et Kurt Cobain. De plus, il avait déjà publié un roman sur le sujet : dans Pink (1997), il était déjà question du suicide d’une rockstar appelée… Blake. Le livre est édité chez Hachette et traduit par Daniel Bismuth.