Le romancier britannique Mark Haddon veut payer plus d'impôts

Clément Solym - 13.08.2012

Edition - Société - Mark Haddon - Bob Diamond - Warren Buffet


Après Stephen King (notre actualitté), le romancier britannique Mark Haddon invite les milliardaires à payer plus d'impôts, à commencer par lui-même. Les honneurs d'un prix du Commonwealth en 2003, pour son roman Le bizarre incident du chien pendant la nuit, n'ont pas eu raison de sa bonne conscience.

 

D'aucun diront, pas la peine de frimer, trop facile de payer plus d'impôts, quand Brad Pitt en personne achète les droits de votre propre best-seller en vue d'une adaptation cinématographique. L'auteur accuse pourtant la classe dirigeante d'être en dehors des réalités de ce monde. Et si ce n'est pas quelqu'un du même milieu qui s'en charge, qui d'autre cela pourrait-il être ?

 

 

«Je devrais payer plus d'impôts ! » a-t-il lancé à son comptable déconcerté, refusant d'éviter une taxe sur sa propre fortune, taxe qui de son point de vue, lui est entièrement due. Il a par ailleurs écrit une lettre à son député en février dernier, faisant valoir le fait que lui-même et toute sa bande de richissimes, doivent de toute urgence payer. Cela précisément afin de sauver ceux qui subissent les mesures de réductions des dépenses publiques : « Je suis une personne riche et dans un contexte d'austérité, je ne comprend pas pourquoi les gens comme moi ne sont pas mis à contribution? »


Haddon, dont le livre s'est vendu à 2 millions d'exemplaires, aurait déclaré que ce problème de répartition des richesse n'est pas seulement de nature économique, mais également moral. Prêche-t-il dans le désert ? Apparemment non, puisque sa lettre serait en partie inspirée du discours du milliardaire Warren Buffet. Alors en guise de provocation, dirigée envers l'ex-chef de la direction Barclays, il a employé la formule suivante : « Il y a plus de Bob Diamonds que de Warren Buffetts dans ce bas monde. »

 

Haddon accuse le gouvernement de n'être qu'une troupe de polichinelles pleins aux as, déconnectés des réalités de la vie quotidienne. Le jugement qu'il porte sur ses propres études n'est pas plus glorieux, il affirme en effet qu'avoir fréquenté l'Université d'Oxford, lui a seulement appris que le monde de la haute est comme esseulé : jouissant de tout, mais déconnectée de ce tout.


C'est sans détours que le romancier s'exprime et non pas inopinément, puisqu'il avait déjà refusé en 2010 une invitation à la conférence du premier ministre britannique. Réactif, il écrivit la boutade suivante sur son blog, en réaction à l'intitulé de la conférence Les idées, parlons-en. : « David Cameron a des idées ? Laissez-moi rire, le mot de fumier me viendrait plus intuitivement à l'esprit », en réaction à l'intitulé de la conférence « Les idées, parlons-en. »