Le piratage, prochaine source de conflits diplomatiques ?

Antoine Oury - 21.10.2014

Edition - International - États-Unis sites d'hébergement - piratage contrefaçon - Royaume-Uni IP Crime Report


La police britannique s'est efforcée, depuis plusieurs mois, de redoubler d'efforts contre le piratage et la contrefaçon. Afin d'informer les citoyens et les organisations d'ayants droit, un IP Crime Report vient d'être publié : celui-ci revient sur les différents types d'action, qui touchent à de nombreux produits, des vêtements aux cigarettes. En passant par les ebooks.

 

 

Bloody Pirate!

(Jaskirat Singh Bawa, CC BY-ND 2.0)

 

 

Le rapport fait près d'une centaine de pages, et pour cause : la contrefaçon et le piratage ne concernent pas seulement les produits culturels partagés illégalement sur Internet, mais également toutes sortes de biens, imités ou vendus sans autorisation, comme les cigarettes, les vêtements ou les pièces détachées d'avion...

 

L'information majeure, sur le plan de la propriété intellectuelle sur le Web, c'est que l'autorité britannique accuse les États-Unis de fournir un refuge aux plus grands sites d'hébergement, qui participent aux partages illégaux.

 

 

 

L'Europe, si l'on fait le compte, pèse d'ailleurs plus que les États-Unis, avec 36 % au total : de quoi faire plier l'idée reçue selon laquelle les sites Web pratiquant le partage illégal sont localisés dans des pays où la législation est moindre. Et les créateurs de ces sites pirates n'auraient finalement qu'à changer de pays d'hébergement pour reprendre leurs activités. (via TorrentFreak)

 

« En 2013, la FACT [Federation Against Copyright Theft, organisme d'ayants droit hollywoodiens, NdR] a fait fermer un site après l'avoir signalé 63 fois à l'hébergeur. Bien que cette stratégie puisse être efficace, dans bien des cas, le site est transféré vers un autre hébergeur, généralement situé en dehors du Royaume-Uni », note le rapport.

 

Pour y remédier, les services de lutte contre les infractions au copyright appellent à plus de collaborations entre les pays, et les organisations de défense des ayants droit.

 

Le rapport fournit également quelques données sur les types de fichiers recherchés, et sur lesquels portent les enquêtes des services britanniques. Les livres numériques contrefaits ne font pas partie de leurs priorités, et la surveillance en la matière a même diminué cette année, de même que pour le partage illégal plus général de fichiers.

 

 

 

Depuis quelques mois, la Publishers Association a mis en place un vaste programme de signalement des sites de partage illégal de livres numériques, et a multiplié les signalements au moteur de recherche Google, avec 667.861 URL signalées ces 12 derniers mois. Toutefois, la collaboration avec les services gouvernementaux semble encore minimale.

 

 

 

  Rapport Propriété intellectuelle Royaume-Uni 2013/2014 by ActuaLitté