Le salaire des écrivains ne fait pas vraiment des envieux

Nicolas Gary - 26.03.2015

Edition - Economie - auteurs éditeurs - revenus vente livre - avances droits


Le Baromètre des relations entre éditeurs et auteurs, en France, démontrait cette année que les relations avaient empiré. Mais les acteurs espéraient qu'avec le nouveau cadre en vigueur – celui du contrat à l'ère numérique, entre autres – elles ne pourraient que s'améliorer. « Pas bien difficile », nous assurait-on en marge de la présentation. 

 

Conférence Les auteurs bientôt à poil (SGDL)

ActuaLitté, CC BY SA 2.0 

 

 

Interrogé sur France Info, le président du Syndicat national de l'édition assurait que seuls 3000 auteurs gagnent plus de 7500 € par an, et en se tournant vers le Royaume-Uni, le Bookseller nous apprend que les écrivains ne sont pas vraiment mieux lotis. Encore que.

 

Une étude lancée par nos confrères, et assez vaste enquête portant sur le secteur de l'édition annonce que l'avance sur droit que perçoivent les auteurs, en moyenne, est bien inférieure à 6600 £. Et bien entendu, les grands éditeurs payent plus que les petits. 

 

Les avances, ou à-valoir sont les sommes que l'éditeur verse à l'auteur à la remise de son manuscrit, peu ou prou. Pendant le temps de commercialisation, les droits d'auteurs découlant des ventes serviront à rembourser l'à-valoir. Et ce n'est qu'au moment où ce dernier sera pleinement remboursé, que l'auteur commencera à percevoir des sommes liées aux ventes.

 

En France, le Baromètre SCAM/SGDL/La Charte indiquait :  

Seul un auteur sur deux (49 %) se voit aujourd'hui proposer systématiquement des contrats avec un à-valoir. Plus de la moitié des auteurs n'en perçoivent que « quelquefois » (29 %) ou « jamais » (22 %). Qui plus est le montant de ces à-valoir est à la baisse. Ainsi près des trois quarts des à-valoir proposés dans les derniers contrats sont inférieurs à 3.000 euros (contre deux tiers inférieurs à 3.200 euros en 2013).

Aujourd'hui, 38 % des auteurs concernés par un à-valoir ont perçu pour leur dernier contrat un à-valoir inférieur à 1.500 euros et 28 % d'entre eux, un à-valoir supérieur à 3.000 euros.

  

Avec une petite note sympathique : entre 2009 et 2015, les à-valoir inférieurs à 1500 euros sont passés de 25 %, à 30 % en 2012 et 28 % en 2015. Raison pour laquelle, certainement, 70 % des auteurs sollicités pour l'enquête ont un autre métier. « Le métier d'auteur de l'écrit représente pour 65 % des auteurs interrogés moins d'un quart de leurs revenus annuels. Pour autant, 30 % d'entre eux exercent leur activité d'auteur à titre unique. Ce résultat important sera à rapprocher des résultats de la future étude nationale sur les revenus des auteurs, mise en œuvre par le ministère de la Culture et le Centre national du livre », précisait l'étude française

 

Chez nos voisins britanniques, les avances sur droit ont été examinées au point de conclure que, chez les grandes maisons, l'à-valoir médian est de près de 13.000 £. 

 

Chose intéressante : 70 % des auteurs sollicités pensent que la fonction éditoriale de leur éditeur est bonne, ou excellente, mais 74 % n'ont jamais été sollicités pour un feed-back par leur éditeur. L'enquête « Do You Love Your Publisher? » montre pour l'instant que les relations restent plutôt bonnes.